lancer des mots sages à la tête des maussades

Les trompettes de la renommée sont bien mal embouchées

Dans ce monde voué au culte de l’apparence règne, bien sûr, le star-systeme. Pour les avantages supposés d’un statut de star beaucoup meurent d’envie de faire partie de la sélection. Par bonheur, moi, pas ! Et je remercie chaque jour mes parents de ne pas m’avoir tracé  le chemin qui mène à la starification .

J’adore le vélo. Supposons que je sois devenu champion. Qu’après avoir gagné 7 Tours de France mon ego me titille d’en remettre une couche. Après avoir acheté les meilleurs, j’arrive en jet privé au départ du Criterium International pour en découdre avec l’autre star du vélo. Damned ! Dans le vélo, il faut pédaler..avec ses propres jambes. Hélas, au lieu de la guerre des étoiles, je me retrouve étoile filante. Drame !

Au lieu d’une selle de vélo, supposons, j’aurais posé mes fesses 6 ans dans un siège baquet d’une formule 1 et gagné 6 titres de champion du monde. Alors que j’avais raccroché, Mercedes m’offre 7 millions d’euros pour que je revienne. Juste au moment où on explique aux gars de l’automobile qu’avec la crise il faut travailler plus d’heures pour gagner moins. J’ai bonne mine, d’autant qu’au 1er circuit, je me fais devancer par une bande de petits jeunes.

J’aurais mieux fait de raccrocher comme pilote au « Dakar ». Oui, mais si jamais c’était moi qui causait la 44ème victime de cette espèce de « triviale poursuite » ? Mon cynisme de star ferait-il taire les remords de mon reste de conscience.

En politique du moins, on ne tue que virtuellement (normalement). A force de tortillements et de coups de menton appuyés au bon moment, je serais peut-être devenu champion. Et par exemple, au P.S. un éléphant. Mais je ne serais jamais que le 8ème candidat, obligé pour faire ma place de faire risette aux chers camarades que j’ai « taclé » hier. Quelle gymnastique ! Guère plus sympa d’être le champion du Modem. Comme je suis le seul champion dans mon parti qui s’effiloche je suis obligé d’y aller….prendre ma gamelle.

Admettant mon déclin, j’aurais pu intriguer pour intégrer « La Ferme des célébrités ». Me revoilà en Afrique, sans voiture, gesticulant, suant, pour finir par me faire virer. Décidément, on n’achève pas bien les chevaux de retour !

Quel bonheur de n’avoir pas connu le statut de star ! Merci papa, merci maman, de m’avoir seulement envoyer briller dans les « jolies colonies de vacances ». En connaissant des échecs, en prenant des coups, je testais déjà le prélude d’un chemin de vie à assumer, pas toujours heureux,  souvent serein. La dernière des envies à vous y titiller, c’est de devenir une star !

17 avril, 2010 à 10:50 | Commentaires (1) | Permalien


Que du bonheur

Il y a comme une indécence à parler du bonheur, même si tout un chacun semble courir après. Tradition judéo-chrétienne ou non, nous semblons formatés plutôt pour les ennuis que pour le bonheur. On le cherche en catimini et ceux qui l’ont trouvé en parlent à voix basse. Même les spécialistes écrivent en quelque sorte « petit bras ». Ainsi Comte-sponville : « Le bonheur, désespérément »,(c’est gai !) ou B.Vergély : « Petite philosophie du bonheur » (Avec le bonheur, faut pas voir grand !).

Le symbole même du bonheur, « le mariage heureux », représente une sorte de fatalisme du bonheur difficile à attraper. On a mis un an pour préparer le grand jour, convoqué les grandes orgues, et c’est pour découvrir qu’au bout de la plage, aux Seychelles, le bonheur ne s’est pas posé à la fin du voyage de noces. Décidément, le bonheur, ni n’arrive tout seul, ni ne s’achète. Pour se convaincre du contraire, il suffit de regarder l’athlète hémiplégique, rayonnant, parce qu’enfin, en conclusion d’un parcours difficile mais toujours combatif, il peut  participer aux J.O. handisports de Vancouver.

Jules Renard  nous offre une clé: « Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente ». Oui, comme chez le médecin, il faut se bouger et savoir attendre pour trouver la réussite. C’est rare, les gens qui sont envahis miraculeusement par un grand bonheur et pour toute la vie ! Les gens heureux sont d’abord disponibles pour le recevoir. Et savent le trouver en toute  simplicité.

Cela peut venir dans une promenade dans les bois, où on est tout étonné de humer toutes ces senteurs parce qu’on vient de s’arrêter de fumer. C’est quand on vient travailler dans son association, qu’on oublie ses soucis et qu’en plus on donne du plaisir aux autres parce qu’on est là, qu’on vit.

Pour revenir au médecin, c’est  ressortir de chez lui, heureux, parce qu’on vient d’apprendre que toutes ces radios, analyses, disent que le « crabe » ne nous a pas eu pour cette fois. Même dans les catastrophes naturelles, c’est parvenir à se dire qu’elles sont…naturelles et se réjouir de n’avoir pas connu le pire.

Encore : l’ami qu’on croyait boudeur appelle au téléphone pour une invitation. Et encore : grand-père, c’est le petit-fils qui annonce sa visite. A bien réfléchir, la vie est parsemée de bonheurs si on sait les cueillir, si on sait, comme le dit joliment Christophe André, « jardiner son bonheur ». Alors avec P.Delerm, on peut trouver son bonheur dans « la 1ère gorgée de bière et aux autres plaisirs minuscules ».

3 avril, 2010 à 8:20 | Commentaires (0) | Permalien


De bas en haut

La fenêtre qui déclenche mes rêveries quand je lève le nez de mon ordinateur m’offre aussi un  panel de vues très contrastées. Si je baisse les yeux, c’est un terrain de foot. La plupart du temps il est envahi par des gamins dont la personnalité, accrocheuse, résignée, brutale, s’expose déjà. Sur la touche, les pères accompagnateurs souffrent ou explosent de joie ou de rage. Certains soirs, l’entraîneur, adjudant de quartier dans une vie précédente, aboie ses ordres et offensent les oreilles de tous les habitants du quartier.

Un stade, c’est aussi son parking. A côté des voitures, souvent pétaradantes, il accueille parfois l’ambulance ou les gendarmes quand le match ne s’est pas tout à fait déroulé dans l’esprit de Coubertin. On y voit aussi, les nuits d’été, des jeunes gens discuter mezzo voce. En allant me coucher, je rate ce qui se passe après. Le lendemain, les mines gourmandes des voisins qui ont veillé tard laissent imaginer de joyeux lupanars.

De ma fenêtre, le matin au contraire, je préfère lever les yeux. Ils « tombent » automatiquement sur les pentes de Chamrousse. Le soleil bleu profond du ciel fait scintiller encore plus l’éclat de la neige. D’ici, je peux presque apercevoir les skieurs égaillés sur crêtes ou vallons. Toutes les disciplines s’y régalent, dont mes chers skieurs de fond. Quand la neige partira, ce sont les théories de randonneurs qui s’y presseront.

Bien sûr, je laisse maintenant à d’autres le plaisir de se faire les 18 kms de montée à vélo. N’empêche : poser les yeux sur Chamrousse, c’est le starter de mes rêveries. Penser à toutes mes randonnées en montagne, à tous mes raids à ski de fond, à tous les cols et toutes les descentes qui m’ont vu  cycler, et toutes ceux qui m’attendent encore.

A vrai dire, même s’il n’y avait pas Chamrousse, aux premiers rayons de soleil, je m’y vois déjà.

27 mars, 2010 à 14:24 | Commentaires (0) | Permalien


Vivement la retraite!

Vivement la retraite ! C’est ce que tu te dis pendant une quarantaine d’années de travail, plutôt plus dans les dernières que dans les premières. Et dès que tu y es, les copains de seriner : « sacré veinard de retraité ! ». En fait, à peine le pot de départ avalé, tu commences à te dire : « vivement la retraite …de retraité ! ».

Vous les « actifs » (c’est le mot attribué, sans aucune nuance, à ceux qui travaillent !) Vous vous imaginez, forcément, le retraité paisible dans sa maison de retraite. Enfoncé dans son canapé (qu’on lui a laissé dans son maintenant 1 pièce et demie), il ne manque pas «  Les feux de l’amour », s’exerce au sudoku niveau débutant en attendant son repas livré. Et bien non, il n’y est pas ! Parce que des maisons, il n’y en a pas assez. Finalement c’est plutôt bien pour toi. Parce que malgré tes rhumatismes et tes pilules du matin et du soir, tu n’es pas tellement pressé d’intégrer cette sorte de prépa-cimetière.

Alors, puisque dehors, que fait-on ? C’est simple : on n’arrête pas de faire. Quoi ? tout ! Comme un bon français moyen, à la sueur de ton front et au cal de tes mains, tu as réussi à t’offrir une maison. Comme toi, elle prend de l’âge et te le fait remarquer chaque jour : store en dentelle, porte grinçante, volets pleurant leur peinture, jardin aux limites de la friche….Et comme tu n’as pas la somptueuse retraite  que te prête les medias, c’est toi qui te tape le boulot.

Les sous, justement. Comme tout un chacun, exposé à l’euro galopant et aux impôts boulimiques, tu ne peux plus pleurer une augmentation à ton patron. Ce qui te vaut, chaque fin de semaine, une exploration de ta météo financière pour la semaine suivante, plutôt sardines, ou plutôt beefsteaks Charral.

Après avoir mesuré ton crédit, tu  es tout indiqué pour suivre les lignes du débit avec les courses de la maison. Quitte à te faire remonter les bretelles parce qu’à trop glaner les articles « Top-budget » tu t’es fait refiler quelque riblon du bas de gondole. Même punition si, pour compenser, tu t’es laisser aller sur un article dispendieux.

Soyons honnêtes : tu as quelques loisirs. Par exemple pour monter au ski. Dommage que les écoles aient justement choisi ce jour-là pour libérer des hordes de moutards sur les pistes. Ta surdité précoce t’épargne quelques décibels sur la centaine expulsée joyeusement par la meute. A l’exception de celui dont tu ramasses le gant, ou l’autre : « Dis, m’sieu, tu peux défaire ma fixation, j’arrive pas ? ».

De toutes façons, séance de ski écourtée par un proche qui t’annonce sa visite ce soir en précisant : « pour le dessert, j’aimerais bien ton moelleux que tu réussis si bien, avec la chantilly ». Heureusement que tu as refermé ton portable quand tu marmonnes, entre tes dents, : « Vivement la retraite ! »

 

20 mars, 2010 à 9:56 | Commentaires (1) | Permalien


Les vieux, des déchets à jeter?

On peut se demander pourquoi notre pays est en tête du peloton pour le non-emploi des seniors. Non-emploi, terme pudique, en fait, il s’agit souvent de rejet pur et simple.

A cause du « jeunisme » ambiant peut-être, ce qui ne répond pas à la question : pourquoi se priver de ces femmes et de ces hommes murs. Car au delà du drame personnel de celui qui est  rejeté, quel gaspillage social de perdre des cotisations et de servir des allocations. C’est aussi une perte de savoir-faire pour les entreprises. Car à côté des formules et des procédures éprouvées, il faut parfois recourir au « coup de main » de l’ancien, y compris dans les technologies sophistiquées.

Juste pour illustrer : dans l’usine automobile où je travaillais, ma 2CV de l’époque posait un problème récurrent : consommer presque autant d’huile que d’essence. Jusqu’à ce qu’un vieux contremaître lui applique son « truc » : percer le bloc-moteur et y visser une ferraille en tire-bouchon. Les ingénieurs de la maison n’ont pas pu expliquer pourquoi ça marchait (car ça marchait)  mais sont venus présenter leur véhicule oleofuge au contremaître. Certes, l’anecdote ne constitue pas une preuve imparable du savoir-faire des anciens, mais…

Cela me donne quand même envie de rectifier un peu l’image des seniors qui ne sont pas forcément avachis devant leur télé en attendant l’apéro, en rêvant à la prochaine sortie du 3ème âge avec le gueuleton conséquent.

Ils se bougent les papy-mamies ! Avec les petits-enfants d’abord, et pas seulement en dépannage pour les parents. Ce sont souvent eux qui apprennent aux minots à faire du ski, à faire du vélo…Surtout, au delà de ces utilités, ils ont le souci de transmettre la mémoire de la famille, et par delà celle du pays où l’on vit.

Et ils bougent les anciens, champions du voyage. Pas seulement pour « les destinations de rêve » des magazines, mais en s’embarquant aussi dans des raids lointains, à pied, à cheval, à vélo ! Et au retour, se reposent-ils ? Non, puisqu’ils fournissent le gros des troupes dans les associations, altruistes le plus souvent.

Jeunistes invétérés, mêmes si quelques seniors tournent au bougon et ne  veulent pas lâcher la pôle-position à l’ouverture du supermarché, ne méritent-ils pas un œil plus objectif ? Leur activité les garde en bonne forme, ce qui ne gêne personne. Mais en plus, ils sont bien utiles à la communauté, les vieux !

13 mars, 2010 à 15:23 | Commentaires (1) | Permalien


Poussée de sève

Des supporters fidèles ont noté que la muse de « Mafogir » avait connu une sérieuse défaillance. Abandonnant de ce fait cette humeur plutôt maligne et laissant dans la poche ce poing souvent agressif. Avec le printemps qui s’annonce et la pousse des feuilles, celles du blog se sentent embarquées dans ce frémissement de la nature. D’accord : épousons la vitalité du printemps ! Mais pour cette nouvelle saison : nouveau pseudo, nouvel hébergeur. Je tâcherai aussi d’assumer mon statut d’ancien et d’en avoir la sagesse. C’est à dire oublier les sujets d’agacement et pointer les satisfactions de l’existence. Pourquoi pas, par exemple, puisque c’en est l’anniversaire, célébrer les 51 ans de vie commune avec ma dulcinée. Mais aussi puisque c’est dans l’actualité le beau geste du skieur de fond. En oubliant que ma chaîne nationale a expédié 5 ténors pour commenter 0 médailles en ski alpin et seulement 3 consultants pour les 6 médailles du ski de fond. Mais, ce n’est qu’un sport « secondaire » concluait un intello de la radio, un vrai primaire, lui !

« Chassez le naturel… » Je sens que ce ne me sera pas facile de rester dans le positif. C’est m’interdire tout ce qui m’agresse : les petites phrases des politiques, les supporters-hooligans contenus à grand peine par des centaines de policiers, les violences à l’école et sur les vieux, les rires gras des présentateurs starifiés de la télé, les commentaires imbéciles justement de ceux qui parlent du sport et n’en font pas, les….la liste est infinie ! Reste peut-être, comme à la télé, broder sur la météo ? ou la cuisine ?

Allons, chassons les rancoeurs et admirons ces associations qui soutiennent notre vie sociale. Saluons la générosité des français dès qu’un drame appelle leur attention. Et parmi eux, pourquoi pas un petit coup de chapeau à ces jeunes réalisant leur projet, à ces 2 millions de purs amateurs pratiquant du vélo, à ces retraités crapahutant sur nos montagnes autant que sur les bancs de l’université. Il y en a du beau monde, du vrai !

Restons prudents : les trains à l’heure attirant moins l’attention, mes futurs posts dédiés seulement aux évènements souriants risquent de s’espacer. Sauf si l’actualité m’oblige à quelques coups de griffe (je ne les ai pas limées, on ne sait jamais !)

Si vous ne les craignez pas (les griffes) restez avec moi : appliqués à traquer les sourires de la vie, nous aurons peut-être quelques bons moments ensemble

5 mars, 2010 à 17:59 | Commentaires (1) | Permalien


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5 mars, 2010 à 17:47 | Commentaires (1) | Permalien


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