lancer des mots sages à la tête des maussades

« Alors, raconte. »

Chacun s’accorde à penser que l’actualité est plutôt morose. Ce qu’on en raconte est souvent scandaleux, où le sexe tient une bonne place (de récents évènements rappellent combien « la chair est triste »). Ou alors emprunte souvent au mode tristesse. Où voit-on qu’il y ait obligation impérieuse de se vautrer dans ce spleen ?

J’en appelle ici à un joli mot de mon pays : les « racontottes », qu’on n’a pas besoin d’expliquer. Que trouve-t-on dans ces histoires franc-comtoises ? Des narrations simples, des évènements de la vie ordinaire, des méchants punis, mais aussi des curés ou des instituteurs, qui par des initiatives astucieuses apportent la joie à leurs ouailles. Et par ricochet, à nous les lecteurs, heureuse contrepartie aux vicissitudes de ce temps.

On pardonnera à mon grand âge de rappeler qu’à mon époque nous allions à l’école, souvent par un froid piquant, à pied avec des chaussures de guerre qui prenaient l’eau, surtout quand celle-ci était en neige. Au retour, au chaud, quel plaisir quand un ancêtre se lançait dans une racontotte ! Rien de tel pour réchauffer aussi les neurones et voir à nouveau la vie plus en rose. C’est dire le poids d’une échappée dans le fil de l ‘ordinaire.

La remontée du moral est même prouvée scientifiquement. Dans la même salle, à la même température, on a mis 2 groupes, l’un à qui on a raconté des choses plaisantes, à l’autre des choses désagréables. On a constaté que les personnes du 1er groupe trouvaient la température de la salle plus chaude que ceux de l’autre groupe.

Je vous ai donné la solution pour lutter contre la morosité ambiante avec 2 possibilités de traitement. Soit vous êtes accro à l’internet et vous allez vous chercher une histoire bien décapante pour vous dérider. Soit, au lieu d’expédier votre ancêtre dans une de ces maisons qui n’en peuvent mais, vous lui demandez de sortir une des racontottes de son enfance, qui sera probablement inédite. Sans étude scientifique, je crois pouvoir affirmer que les racontottes qui n’ont pas le label A.O.C. de Franche-Comté marchent aussi.

5 juin, 2011 à 17:22 | Commentaires (1) | Permalien


J’ai failli attraper une bigorexie

Sur les conseils d’un ami bien attentionné je viens de consulter un spécialiste qui m’a rassuré : je ne suis pas atteint de bigorexie. Ouf ! Je pense que je dois vous éclairer un peu. Ma supposée maladie ne signifie pas une addiction profonde et durable aux prie-dieu et un temps excessif passé dans les nefs de nos églises. Il s’agit en fait d’un besoin irrépressible de pratiquer intensivement une ou des activités sportives.

Cette définition n’inclut pas ceux dont le sport consiste à lever les bras en hurlant dans un bar chaque fois que l’O.M. ou le P.S.G. marque un but. Mais ceux qui pratiquent et à outrance. Ceux par exemple qui zappent toute activité domestique ou sociale pour enfourcher leur vélo et aller abattre du kilomètre. C’est d’ailleurs pour cela qu’on a cru devoir m’ausculter (et finalement rendre un non-lieu).

Cette addiction concerne par contre ceux qui fréquentent les salles de fitness où, à coup de masses de fonte soulevées encore et encore, ils se font des muscles bien visibles (les mauvaises langues appellent cela de la « gonflette ») Les multiples psy qui nous expliquent tout aujourd’hui disent que ces gonflés ont besoin de cela pour obtenir une estime de soi satisfaisante : « quand je pourrai montrer par devant des tablettes de chocolat comme Christiano Ronaldo, je serai quelqu’un ! »

A ce stade on comprend la nécessité (à l’instar des vétérinaires comportementalistes) d’une clinique spécialisée à Bordeaux pour soigner les malheureux atteints de bigorexie. C’est vrai, comme le disait Armtrong, qui en connaît un rayon sur le sujet dans un livre trop peu connu : « Il n’y a pas que le vélo dans la vie ». Que les addicts au sport se rassurent, ils ne sont pas obligés d’entrer en clinique. Depuis qu’on s’est aperçu que les plus éduqués, les intellos donc, étaient aussi les plus sportifs, autrement dit qu’ils avaient la tête et les jambes, se sont levés d’autres intellos pour clamer dans Facebook et ailleurs leur aversion pour le sport tel que « sportssuck.org » (« le sport, ça craint »). On peut difficilement leur donner tort lorsque le « Groupe contre l’horreur Olympique et Sportive » (www.grouchos.org) dénonce par exemple les 58 morts du Paris-Dakar.

29 mai, 2011 à 15:43 | Commentaires (0) | Permalien


Je fais du bruit donc je suis

Il n’a pas du avoir beaucoup l’occasion de fréquenter les textes de Descartes, cet entraîneur qui hurle ses directives sous mes fenêtres dans le stade de foot voisin. Il préfère apparemment le cri à la pensée pour exister. Opiniâtre dans ce style, il a obtenu d’équiper le stade de puissants haut-parleurs qui ont toujours quelque chose à diffuser quand les footeux sont là. Et même du bruit étiqueté comme  musique ! Ce ne doit pas être celle qui adoucit les mœurs compte tenu du ballet d’ambulances ou de policiers qui ponctuent certains matchs.

Bien en phase avec cet environnement, ce « supporter » déboulant à 80 km/h dans l’étroit couloir laissé par ses collègues garés au petit bonheur et stoppant dans un hurlement de freins. Laissant voir sur sa lunette arrière le macaron de l’O.M. Ce club qui n’a pas désavoué son joueur Taiwo qui au lieu de commenter sa victoire sur Montpellier, a attrapé un micro pour injurier tout à fait gratuitement et totalement hors de propos le club parisien absent des lieux.

Tout aussi gratuitement, peut-être pour manifester leur hostilité à la « musique » du stade, les chiens de mon voisin hurlent à l’envi. Leur maître ne les entend guère qui fait marcher, à journées faites, son Karcher. Non pas que sa maison soit particulièrement encrassée, mais comme c’est le dernier joujou qu’il s’est offert, il entend s’en servir assidûment.

Quand enfin, on croit retrouver un peu de calme devant sa télé grâce à un documentaire sur des îles affriolantes, on l’a assorti d’un fond musical envahissant. Je comprends qu’une musique vienne soutenir un moment crucial dans un film sentimental ou d’action, mais que soutient-elle dans un document ? Vient-elle épauler une certaine indigence du commentaire ?

En désespoir de cause je songe à me réfugier dans mon lit. C’est alors que d’autres footeux entament une nocturne. Privés de haut-parleurs à cette heure  tardive, ils compensent par des hurlements de sauvages et clôturent la séance vers les minuit par un concert de portières. Malheureusement ils ne sont pas assez riches pour s’offrir de belles allemandes à seulement 2 portes !

21 mai, 2011 à 9:31 | Commentaires (0) | Permalien


Ode au vélo inconnu

Ecrivains et poètes illustres ont chanté à loisir les charmes de leurs vélos, qu’on imagine fiers et racés entre les jambes de telles célébrités. Mais aucun d’eux ne s’est lancé dans le « De Profondis » de tous les vaillants destriers morts au champ d’honneur. Ni poète, ni écrivain, je veux tresser une ode à un de ces malheureux oubliés.

C’était un pauvre bougre gisant au pied d’un réverbère. Bien loin de l’image du fier cheval qu’un cow-boy a attaché à la porte du saloon, cette haridelle-la faisait pitié à voir. Le cadre qui avait subi des ans l’irréparable outrage faisait plus « cheep » que la chaîne plastifiée  qui l’enchaînait au réverbère. La roue arrière, antivolée aussi, eut pu être laissée libre vu son état. Selle et roue avant, sans doute plus présentables, avaient déserté depuis longtemps.

Ce triste spectacle appelait le vers de Lamartine : « Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » Et dans mon esprit, le souvenir de mon actuel coursier à qui je tressais des couronnes il y a peu pour sa juvénile allure. Comment finira-t-il ?

Autre emprunt au poète : Que sont mes anciens vélos devenus ? Mes fils se sont fait voler les deux anciens Peugeot de ma jeunesse. Je le confesse avec une grande confusion : tel ou tel est parti vers la déchetterie. Je veux croire qu’un étudiant, aussi habile de ses mains que de sa tête, a réussi à faire du neuf avec du vieux et parcourt la ville juché sur mon antique monture.

Je fais un sort à part à mon toujours fidèle Libéria, monté pour moi en usine, et qui avec mon fils ou mon épouse, a parcouru des centaines de kilomètres aux 4 coins de divers continents. Apparemment plus solide que son patron, il ne parle pas encore de retraite.

On aura compris ma dévotion pour ces fidèles compagnons. C’est pourquoi, tel Pharaon d’Egypte, le moment venu, j’aimerais que sous ma petite pyramide, on m’enterre avec mon vélo.

15 mai, 2011 à 9:34 | Commentaires (0) | Permalien


La France en 2011 : on joue « petit bras »

A divers signes on remarque qu’on est entré dans une année de campagne électorale et même qu’on a changé de braquet dans la pêche aux voix. C’est dire que pour caresser la base (la base c’est en bas) on va nous faire entendre les plus beaux airs du populisme. On va nous proposer sans doute de revenir aux fondamentaux (dans fondamentaux, il y a fond), c’est dire que le nivellement ne se fera pas par le haut.

Le candidat à la fonction suprême, justement ! Quand on attend de lui un projet généreux, une grande idée, telle que l’abolition de la peine de mort qui permet à Mitterrand d’emporter l’adhésion contre une partie de l’opinion, pour De Gaulle aussi avec la décolonisation, donc pour cette grande idée qui fédérerait, devant l’ampleur des désespérances, qu’entend-on aujourd’hui ? Haut les cœurs, on va détricoter Schengen !

Ou alors, belle variante : on va dépénaliser le cannabis. On va sans doute aussi promouvoir  le côté « kleenex » à jeter après usage des conjoints.  Ringardiser un peu plus les couples qui avaient cru bon de passer à la mairie (voire à l’église, pour l’orgue) et qui durent. C’est vrai qu’un défilé de la  Gaypride est plus coloré que deux vieux fêtant leurs noces d’or au restaurant.

A l’éducation nationale en guenilles on propose un objectif formidable : des élèves sachant lire, écrire et compter à l’entrée en 6ème. Formidable en effet d’obtenir ce qu’on avait souvent autrefois à la fin du C.P. L’ambition n’ira pas toutefois jusqu’à espérer que ceux qui écrivent et publient dans les journaux, les revues, le fassent dans un français correct.

Quant à parler correctement à la télévision, n’y pensons pas ! Quand un crime, certes horrible, fait les unes matin et soir plus d’une semaine, au détriment des centaines de morts en Lybie ou en Syrie, l’aggiornamento n’est pas pour demain. Attendons-nous plutôt à revisiter tous les avatars de la télé-réalité.

On devine que le provincial « de base » que je suis n’a pas encore perçu les prémisses du grand projet qui lui ferait battre le cœur. Mais il reste un an et comme le disent les indécrottables optimistes dont je suis aussi : le pire n’est pas toujours sûr !

7 mai, 2011 à 7:31 | Commentaires (0) | Permalien


Béatifié si, béat no!

Croyez bien que cela me navre, mais l’actualité m’y conduit : voici une chronique qui sera plutôt aigre que douce. C’est à propos du grand évènement du mois : le 1er Mai aura lieu à Rome, devant 2 millions de béatifosis, la béatification de Jean-Paul II. Que cela laisse les non-croyants de marbre, passe ! Encore que ! Notre service public se dispose à diffuser intégralement la cérémonie ! Décidément les papes et les princesses c’est bon pour l’audience. Et puis ça  peut nous changer des très laïques défilés de la Nation à la Bastille. Mais les catholiques, n’ont-ils rien à dire ? Quitte à ingérer dans leurs plates-bandes, moi, j’ai envie de dire !

J’avais parlé ici-même de l’assassinat du père Gabriel Maire au Nord Brésil dont le seul tort fut de s’occuper des pauvres. Assassinat dont ses commanditaires, riches propriétaires terriens, ont réussi à repousser l’éventuel procès  au delà des 20 ans de prescription. Jean-Paul II, en train de se faire applaudir là bas quand il eut été encore temps avait oublié d’en parler.

Serait-ce une spécialité d’oublier, chez ce polonais nourri d’un anti-communisme viscéral, d’oublier les excès et les débordements des « Légionnaires du Christ »,qui prospèrent à Rome, en Espagne, après le Mexique et l’Amérique latine, pourvu qu’ils défendent ardemment l’ordre et la famille dans le sens affectionné par l’église.

Il n’était pas obligé pour autant de cautionner les amitiés particulières de ces légionnaires, tels que Franco ou Pinochet, sous prétexte qu’ils défendaient, meurtres mis à part, les mêmes thèmes.  Ces thèmes explicitement dans le programme du fameux Saint-Office, présidée par un certain Ratzinger, plus connu aujourd’hui sous le nom de Benoit XVI. Ces drôles d’amis avaient obtenu du pape la condamnation de la théologie de la libération et de son porte-drapeau, Dom Helder Camara. Innocent ce malheureux évêque, comme ses continuateurs tel que mon ami Gaby! N’avaient-ils pas pris au pied de la lettre le message de l’Evangile intimant d’aimer et d’aider les pauvres !

Encore silencieux ce très charismatique Jean-Paul II, lui qui n’a pas manqué de savoir que le fondateur de ces « Légionnaires du christ », le père Martial Marciel, a été dénoncé plusieurs fois par des évêques pour ses mœurs (drogue et abus sexuels) et que ce sont dans ses séminaires, cajolés par le Vatican, qu’ont eu lieu une grande partie des actes pédophiles qui ont défrayé la chronique aux U.S.A.

On va dire que j’en  veux au futur béatifié. Non, pas vraiment, mais dans l’enquête (conduite par trop à sens unique, disent quelques évêques qu’on n’a pas consultés) qui le mène à la béatification, il me semble qu’on a laissé de côté ces témoignages intéressants. Donc on ne me trouvera pas scotché à la télé le 1er Mai, je vais me défiler !

30 avril, 2011 à 10:40 | Commentaires (0) | Permalien


Les hochets de sa Majesté

Au cas où cela vous aurait échappé, un évènement fantastique va avoir lieu en Angleterre :le mariage de Kate et William. On s’égare dans la densité des infos sur le sujet : le carrosse, le chapeau de la reine, la robe de Kate, les produis dérivés qui ne font QUE 30 millions de livres.

Dans ce grand déballage, il en est un qui ne s’est pas perdu, c’est D.Cameron. Selon la bonne vieille recette romaine, pendant qu’on restreint le pain (très sec le pain en ce moment chez les anglais) il est bon de distraire le bon peuple avec des jeux        Et quel merveilleux jeu que ce mariage qu’on croirait commandé par les circonstances !

En bons républicains, dont la dernière tête royale attachée sur le corps  remonte à des siècles en arrière, nous sourions de ces antiques anglais. Et pourtant cette gouvernance à l’émotion en dit long sur l’état de nos démocraties, chez nous comme chez eux. Les gouvernants ne font que surfer sur l’air du temps.

En effet les formidables avancées scientifiques, les progrès de la médecine, les prouesses de la e-communication laissent croire à chacun qu’il peut tout obtenir : la richesse avec ses pieds tapant dans un ballon, ou avec son filet de voix (les micros sont très au point), un enfant (sain sous tous rapports) avec les sperme d’un inconnu dans un utérus de femme ménopausée. Bref, nous sommes devenus des consommateurs invétérés. Ce que souligne le rapport du médiateur, J.P. Delevoye, déplorant au passage que les politiques, en courant derrière cette inflation de désirs, sont prêts à perdre l’âme du citoyen s’ils gagnent un électeur.

Heureusement, a-t-on envie de dire, les politiques ne sont pas des démiurges capables de transformer l’eau en or, ni nos désirs en réalité. Et on reste frustrés. Heureusement, il y a les mariages de princesses. En Angleterre du moins ! Notre Président a eu beau convoler 2 fois sous nos yeux, je n’ai pu acheter aucun produit dérivé du Fouquet’s!

24 avril, 2011 à 10:14 | Commentaires (0) | Permalien


Le bien public requiert qu’on trahisse, qu’on mente et qu’on massacre (Montaigne)

Pourquoi ne pas commencer ce post par une devinette ? Qu’est-ce qui  est très fort et ne se trompe jamais ? Réponse : l’Administration.

« Ah non, c’est un peu court, jeune homme

On pouvait dire…Oh Dieu, bien des choses en somme »

Puissante : L’administration n’a pas des clients, mais des « administrés », éventuellement des usagers. Elle ne vend, ni ne donne, elle octroie (un coup de tampon, le droit de…parfois de ne pas…)

Efficace : Sinon, comment ferait l’Administration pour réussir 27000 reconduites à la frontière en un an, sans avoir à se soucier de mari et femme séparés, d’enfants oubliés à l’école quand on conduit papa à l’aéroport ?

Abracadabrantesque : Tel cet agent, dans un Centre de Rétention justement administrative, expliquant à un « reconduit » ses moyens de recours (ses droits, administrativement on fait toujours bien les choses), les délais, les possibilités d’avocat, et constatant, une ½ heure plus tard, sur le dossier, que l’homme, devant lui, ne comprend pas le français, ni ne le lit, ni ne l’écrit.

Humoristique : Quand l’Administration, dans la salle des mariages, laisse les yeux de Lucien errer durant tout le discours du Maire, sur le buste de Bardot ou Casta (selon la Marianne élue par l’édile) avant qu’ils ne retombent sur  le boudin dont il s’apprête à cueillir la rose ce soir.

Provocatrice : Quand l’Administration évoquant ses « chers administrés » laisse croire à ceux-ci qu ‘elle les chérit alors qu ‘elle pense à combien ils lui coûtent.

Elitiste : Quand l’Administration fait de l’E.N.A. le vivier suprême où mûrissent les plus hauts personnages de l’Etat, au détriment de toutes les Ecoles Nationales Supérieures.

Pour rester dans le ton de Cyrano, je sais que l’Administration, malgré tout ce dont on l’accable, se fiche bien de mon texte et de moi :

« ce hobereau qui, qui n’a même pas de gants

 Et qui sort sans rubans, sans bouffettes, sans ganses »

19 avril, 2011 à 8:52 | Commentaires (0) | Permalien


Fabriques de Tanguy

On peut s’étonner qu’un retraité s’intéresse au chômage. Et pourquoi pas ? Comme citoyen d’abord (qui a quand même versé 40 années de cotisations-chômage), ensuite parce  enfants ou petits-enfants sont concernés par la chose. Qu’on se rassure ! Je ne tiens pas la clé magique pour venir à bout de ce fléau. J’ai par contre des idées sur la question et notamment sur tous ceux qui contribuent à compliquer le jeu de l’emploi.

A commencer par les moins pires : les parents. En effet, et c’est normal, ils rêvent l’avenir de leurs enfants, mais avec des rêves qui perturbent. Quand on est Cadre A du public ou cadre-n’importe quoi du privé, le rejeton doit être cadre au moins, au risque qu’il n’aie ni le goût ni les capacités du niveau. Et si on est dans le bas du tableau, on rêve aussi du rejeton cadre, avec les mêmes risques. Sauf que lorsque celui sur lequel la famille a tant investi déçoit, l’échec se paye plus cher : j’ai connu au moins un suicide.

Plus responsable dans le bazar de l’emploi, je vois l’Education Nationale et les enseignants. Formatés depuis toujours par la hiérarchie des diplômes, et mis dans les cases appropriées par cela, ils n’échappent guère à la dichotomie : les « bons » (en résultats scolaires) vers le classique, et les « mauvais » vers le technique. J’aimerais bien qu’on m’explique, par exemple, en quoi un pauvre bac+2, technicien en maintenance électronique apporte moins à la société et à lui-même qu’un master2 en histoire qu’on a mis à la correction des textes des auteurs dans une maison d’édition de manuels scolaires.

L’expert en la matière, Pôle-Emploi, a une responsabilité experte sur le sujet. Je ne jette pas la pierre sur les malheureux employés du Pôle. Comment veut-on que des gens décorés du titre de conseillers puissent donner des conseils valides sur des sujets qu’ils ne connaissent pas ou guère : les métiers ? Avec le fichier « ROME », annuaire des métiers recensés  en 2008, date de le dernière révision ? Certes ! Quand le jeune conseiller y découvre, par exemple, « négociateur de sites télécoms en fibres optiques », je sens que ça le branche fort. Une visite en entreprise pour chaque poste serait un bon moyen d’apprendre, mais en abandonnant alors le kilo de paperasses quotidien. O scandale, où sont mes statistiques !

Ainsi environnés, les jeunes ont de quoi bafouiller. Acceptant le formatage de l’école : tant que ça passe on continue, on arrive au bac sans projet, sinon la litanie : pas l’usine, pas le bureau, pas prof, pas le smic, pas….Il reste donc à se diriger où on trouve de la place et là aussi, un niveau après l’autre, tant que ça veut bien faire, on continue. On finit ainsi par grossir le bataillon des bacs+5, ronchonnant qu’à ce niveau on ne leur propose rien, malgré leur soupçon de projet dont les critères commencent encore souvent par « pas de.. ». Au passage, l’idée généralement acceptée, que plus le diplôme est haut, plus on a de chance de trouver un job, est un aphorisme trompeur. C’est vrai dans les filières ouvertes, et dans celles-ci, pour autant que l’entreprise ne trouve pas son compte avec un bac+2, comme on l’a vu plus haut. On semble parfois oublier que les entreprises ne marchent pas qu’avec des cadres !

Chers parents,  cessez de rêver et méditez ceci : vous n’avez pas fini d’héberger des Tanguy, accrochés à vos basques comme moules à leur rocher !

8 avril, 2011 à 7:34 | Commentaires (0) | Permalien


Je m’énerve un peu

Par ces temps de jérémiades généralisées, vous me permettrez, j’espère, un certain laissez aller et donc de vous faire part de mes sujets d’énervement. Vous allez dire : oui, on sait. Il va nous parler des footeux et des chiens. Et bien, pas vraiment! Vous ne me lisez pas attentivement. Comme jeu collectif, j’aime assez le foot et même ceux qui le pratiquent. Par contre, ceux qui m’exaspèrent, ce sont ces enfants gâtés, aux salaires pharamineux,  qui croient pouvoir se  permettre d’offrir au public le spectacle de leur morgue ou de leurs turpitudes.

Quant aux chiens, ce n’est pas à ces pauvres bêtes que je m’en prends. Malgré ce qu’en pensent beaucoup de maîtres, ils n’ont ni conscience, ni intelligence, j’aurais donc mauvaise grâce à les accabler. Ce serait  plutôt aux maîtres à qui ces qualités font souvent défaut. Tel mon voisin que j’ai surpris hier saluant ses bêtes : «Bonsoir, mes enfants»! Pourtant des enfants, des vrais, il en a! Qu’on se prenne d’affection pour certains chiens, aux yeux affectueux, je peux le comprendre. Mais éprouver le moindre sentiment pour le gros tas de poils, pataud, de mon voisin, me plonge dans un abyme d’incompréhension.

“Alors quoi, ces sujets d’énervement, tu nous les sorts” ? Je m’en connais surtout deux. IL y a d’abord ce drôle d’empressement, radios, télés, à lancer un sujet comme si c’était la révélation du siècle. On vient de nous le faire avec la violence à l’école et il  a fallu un “Observatoire International” pour nous révéler que les cours de récré ne sont pas nimbées de benoîte douceur. Depuis Charlemagne, ça se castagne plus ou moins gentiment dans les cours de récré, et les porteurs de lunettes se font traiter de “binoclards” (la violence la plus fréquente, paraît-il). Des siècles durant, on avait survécu à ces algarades, même sans cellule de soutien psychologique.

Les donneurs de leçons, écolos, médicastres, me donnent aussi quelques boutons. Et les chantres du sauvetage de la planète prêchant depuis leur hélico ou leur U.L.M., ça m’énerve plus que ça ne me convainc. En quoi cela donnerait-il des compétences pour être candidat à la présidentielle ? Avec  ¾ de siècles au compteur, sans dommage majeur à la carcasse, vous comprendrez que je supporte mal qu’on m’explique ce que je ne dois pas manger et à quelle fréquence aller faire caca. Pour vous éviter de finir aux frontières de la scatologie, je m’en arrête là. Pour vous empêcher aussi de dire que je vous ai fichu dans la m.

1 avril, 2011 à 10:08 | Commentaires (0) | Permalien


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