lancer des mots sages à la tête des maussades

Un échec à la pensée unique

On connaît la célèbre assertion selon laquelle le froissement d’ailes d’un papillon, quelque part dans le monde, par enclenchements successifs, peut provoquer un retentissement considérable à l’autre bout de la planète. Je viens d’éprouver, dans le fonctionnement  modeste de mes pensées, une expérience de même type : le plus jeune de mes petits enfants, 17 ans quand même, vient de me battre dans une partie d’échecs.

J’ai d’abord mis sur le compte d’une réaction normale de « p’tit jeune » la fierté qu’il retirait de cet exploit. A la réflexion, l’importance qu’il accordait à cette victoire tenait pour beaucoup au fait qu’elle était acquise face à un adversaire digne de ce combat (même si dans ce jeu je ne brille pas au firmament des experts). Autrement dit, c’est une manière discrète, subtile même, de témoigner que, grand-père et ancien ô combien, je compte pour lui, qu’il a pour moi du respect, même dans la faiblesse.

L’échec aux échecs m’a dit autre chose. Le demi-siècle, et plus, de supplément d’âge par rapport aux jeunes nous fait écouter leurs propositions avec souvent cette arrière-pensée ricaneuse, sinon méprisante, du genre : « Cause toujours, mon p’tit gars,… ». Par la vertu d‘un jeu, il me faut admettre que les capacités de réflexion, de raisonnement ne sont pas l’apanage des anciens, même s’ils sont riches de quelque expérience.

Aujourd’hui, le candidat Hollande fait son miel de ce nouveau regain d’attention qu’il faudrait porter aux jeunes. Au delà du supplément médiatique qu’il en espère, rêvons qu’il déclenche une saine repentance auprès des camarades candidats. Complices en effet, toutes tendances confondues, de ces 30 années de report de bonne gouvernance à plus tard, autrement dit sur le dos des jeunes générations à venir.

Avec le faible espoir d’une humilité nouvelle et d’une meilleure écoute, je n’ose pas demander qu’à côté des 500 signatures, chaque candidat soit opposé à une partie d’échecs face à un de ces jeunes, oubliés par eux depuis longtemps.

15 août, 2011 à 8:16 | Commentaires (3) | Permalien


« La solitude est toujours accompagnée de folie (M.Duras)

Les grands mouvements de foule, dégoulinant de ferveur populaire, semblent avoir du plomb dans l’aile. En témoignent deux propositions récentes. Celle de cette dame qui, bien qu’elle n’ait pas atteint, d’après une personne haut placée, son quota d’ancienneté dans la pratique de la culture française, suggère de supprimer le défilé du 14 juillet et de nous priver, une fois l’an, de notre vibrante émotion à la vue de ces jeunes gens, si beaux dans leurs uniformes.

Cet autre, pour qui se servir de ses muscles ramène l’homme au niveau des bonobos, demande qu’on supprime le Tour de France et ses millions de spectateurs, évidemment pas à ce moment la surpris dans une intense activité intellectuelle.

Ces messages disent assez bien la nouvelle doctrine : individus, retirez-vous sous votre tente, rentrez en vous même, loin des autres. Mais cette assignation à la solitude pèse à quelques-uns qui, se regardant le matin en se rasant, ne découvrent pas les félicités espérées.

Ce dont témoignent quelques curieuses expériences. Le mal-vivre, seul dans son coin,  amène certains fèlés du plafond à se réunir, munis d’un nez de clown, pour faire une farandole, à 4 pattes, avec tout à fait l’expression d’imbéciles heureux.

Une variante est proposée par ce gourou, formatant d’autres malheureux à répéter qu ‘ils sont éternels et que le cancer n’existe pas, du moins pour eux.

Dans cette lignée, on voit accourir à Bugarach dans l’Aude des malades qui croient à la fin du monde en 2012 partout ailleurs, sauf dans ce village, allez savoir pourquoi ?

Fragile comme tous mes contemporains, je tâche de me garder de ces excès en militant très fort pour le maintien du défilé du 14 juillet. Et, tous les mois de juillet justement, je regarde passionnément le Tour de France.

7 août, 2011 à 9:53 | Commentaires (0) | Permalien


Un radeau de la méduse pour passer le bac

Il y a dans notre pays une institution glorieuse : l’éducation nationale. Mais il est devenu courant d’estimer que sa gloire a pali et de la brocarder. Les arguments des détracteurs ne manquent pas. On commence par citer le bac et son taux de réussite fastueux par rapport à ce qui reste ensuite dans la tête des bacheliers. Des enseignants, un peu traîtres à leur institution, disent qu’on prie les correcteurs de relever leurs notes pour arriver à l’objectif fixé à l’avance. Il y a tellement de règles , de contrôles, de garde-fous dans cette maison que c’est probablement impossible.

On cite aussi le peu d’attractivité de ce quasi sacerdoce qu’est l’enseignement pour expliquer le manque de candidats à tel capes ou à l’I.U.F.M. Le résultat étant évidemment une baisse du niveau des reçus, qu’en outre on prépare moins qu’avant au métier. On en revient à une sorte de sélection naturelle : ceux qui réussissent à passer le 1er trimestre devant une bande de galopins en délire sans dépression ni démission sont bons pour le service. Ils feront peut-être mal la classe, mais ils compteront dans le décompte des postes non supprimés.

Certains pessimistes parlent aussi de ce programme international d’évaluation de suivi des acquits écoliers, le fameux PISA, justement pas vraiment fameux pour les français. Si encore on se contentait de stagner à la modeste place où nous nous trouvons, mais on recule !

Enseignants, relevez la tête, citoyens qui doutiez de la valeur des jeunes générations, reprenez courage ! Notre glorieuse éducation nationale est vraiment efficace : le bac 2011 en est la preuve. On nous avait d’abord sorti de derrière les fagots un adolescent boutonneux de 15 ans présenté comme le génie de l’année avec ses 20 virgule quelque chose. Mais bientôt rejoint par 29 autres, présentant la même moyenne, supérieure à 20. Les raisonneux habituels vont s’étonner qu’on puisse obtenir, avec des épreuves notées sur 20, une moyenne supérieure à 20, faisant douter de la capacité en calcul des correcteurs. Cela s’explique, nous dit-on, par des options ajoutées après. Sans être très matheux, afficher une moyenne de 20,60 par exemple sur 20, ça me fait drôle !

En tous cas, pouvoir montrer un tel groupe de candidats capables de crever le plafond du possible rend tous ses mérites à notre vaillante éducation nationale. Reste à espérer que parmi toutes ces têtes bien pleines, il y en ait quelques-unes bien faites, et pourquoi pas, un futur ministre de l’éducation nationale. D’ici qu’il ait l’âge de fouler les ors de la République, il lui restera sûrement encore pas mal à faire pour, sinon faire galoper, mais faire simplement avancer le mammouth.

1 août, 2011 à 8:17 | Commentaires (2) | Permalien


Sauveurs ou imposteurs ? (l’Express)

Il y a encore quelques décades se faire traiter de fou ne constituait pas vraiment un compliment. Sans qu’il en soit ainsi aujourd’hui, avouer qu’on est fragilisé psychologiquement est très admis puisque de toutes façons c’est notre monde actuel, pire que celui d’hier, qui en est la cause. Et chacun de recourir à cet incontournable sauveur des temps modernes : le « psy ».

Et que fait ce nouveau démiurge ? Dans un 1er temps, il écoute. Et cela, fruit d’études poussées ou d’une longue pratique, il le fait très bien, quitte à ponctuer le soliloque d’en face de quelques espaces de douce somnolence.

Ensuite, que fait-il de ce qu’il a normalement entendu ? En gros, on trouve 2 types de réponses. Après la phase d’écoute, les uns ne font que rappeler le prix de la consultation et se plongent dans l’agenda pour noter la prochaine visite.

Les autres font quand même quelque chose pour essayer de libérer du mal-être. Que proposent-ils ? Simplement de se protéger en ne laissant plus entrer en soi de préoccupations de ce que disent ou font les autres, en particulier de ceux pour lesquels on se serait donné un souci de responsabilité, les proches par exemple.

Cette théorie libératoire se reconnaît dans le slogan : « A chacun sa merde », exprimé évidemment en langage plus policé. De fait, les psychologisés, déliés de toute responsabilité par cette autorité inattaquable, ne se sentent plus concernés par les ennuis des autres, se replient sur eux-mêmes, pratiquent l’égoïsme rebaptisé alors non-ingérence.

Appartenant aux anciennes générations, je me garde de toute manifestation pouvant révéler ma folie. Surtout, craignant des représailles de psychologisés déçus, je cache soigneusement une erreur de jeunesse : avoir fait des études de psychologie.

25 juillet, 2011 à 14:51 | Commentaires (1) | Permalien


Folie…à gros grains!

Je ne vais pas vraiment vous étonner si je vous dis que notre monde est fou. En témoignent, pour ne prendre que les dernières infos, toutes ces extrapolations fiévreuses des medias à propos de la fameuse suite du Sofitel alors que personne ne sait, à l’exception des deux acteurs, ce qui s’est vraiment passé.

En moins grave, mais plus grunge, cet imbécile qui bat un record idiot en avalant 60 hot-dogs en 10 minutes. Pas beaucoup mieux, l’excentrique qui prend un rickshaw pour aller cycler parmi les gars qui gagnent leur vie avec cet engin. Tout heureux de son exploit, pédaler sur un engin de 80 kilos, il ne comprend pas que les travailleurs en rickshaw trouvent sa balade de dilettante provocatrice et lui fassent la gueule.

Malgré ce défilé de folies coutumières, j’arrive à profiter de quelques bouffées d’optimisme. Du moins j’y arrivais jusqu’à ce que débarque cette nouvelle renversante : on vient d’installer à Ayia Napa, sur l’île de Chypre, une plage réservée aux chiens. Je ne sais pas si on a du mal sur cette île à trouver quelques mètres de plage accessibles, comme l’ont les promoteurs du sentier du littoral chez nous. Mais réserver, ne serait-ce que des miettes de sable pour la baignade exclusive des médors, ça interroge. Surtout qu’on nous précise que ce secteur privé s ‘accompagne des prestations habituelles dignes de V.I.P. : huile solaire, petits en-cas, coin toilette, etc…

Mais le pire du pire est à venir. Quand on nous indique que les toutous veulent bien accueillir leurs « maîtres » sur « leur » territoire en qualité d’invités. On entend alors un de ceux-ci, bien  représentatif de l’espèce, déclarer qu’il se sent très honoré d’être reçu par son chien, bref d’être devenu le bête de sa bête.

Je me demande s’il reste des maillons à gravir sur l’échelle du crétinisme pour l’auteur de telles déclarations. Ce qui me paraît sûr en revanche, c’est qu’en osant publier de telles fariboles comme si elles méritaient d’être portées à la connaissance du monde, on n’est plus très loin du 36ème dessous.

17 juillet, 2011 à 16:53 | Commentaires (0) | Permalien


Précieuses études scientifiques

S’il y a quelque chose qui a le don de me titiller les neurones, ce sont les phrases qui commencent par : « Toutes les études scientifiques prouvent que…. » C’est qu’en effet il suffit souvent de lâcher cette expression sur un ton doctoral pour s’éviter de présenter les arguments justement défaillants. Or, depuis ma toute prime enfance, doté par la nature d’un cerveau et invité à m’en servir, je suis vexé et frustré qu’on refuse que je l’utilise au bénéfice d’une « vérité » servie toute enveloppée et sans discussion.

Malheureusement les occasions d’être frustré ne manquent pas. Prenons par exemple les fameux O.G.M. Je suis assez d’accord que par précaution on les laisse de côté en attendant l’étude (une seule me suffira) qui prouvera  scientifiquement à quels risques exacts on s’expose à les consommer. Evidemment faucher un champ destiné justement à une étude sur le sujet ne m’apporte aucune preuve, sinon celle que chez certains la violence remplace le manque  d’arguments convaincants.

Je suis aussi pour la prudence à propos des téléphones mobiles. Mais là aussi j’attends LA preuve incontestable des niveaux de nuisance qu’ils apportent aux jeunes et aux autres, par les appareils ou les antennes. Pendant qu’on y sera, on pourrait aussi mesurer les dégâts provoqués par les MP3 et autres pourvoyeurs de décibels dans les oreilles. Même un cerveau d’ado serait capable de comprendre la logique d’un audiogramme !

A mettre probablement dans le Top 5 des « vérités » assenées ce rapport sur les rythmes scolaires. J’écoutais un des auteurs du rapport expliquer doctement que ces rythmes étaient mal répartis et que « toutes les études scientifiques » montraient que la semaine de 4 jours fabriquait des élèves fatigués et aux résultats scolaires moins bons. Un enseignant à 4 jours qui osait dire que ses élèves étaient en bonne forme et avaient eu de bons résultats s’est fait promptement renvoyer dans ses buts sans plus d’explications.

Un autre commençait de susurrer : « les programmes… » Touché mais pas coulé, le maître es rythmes a concédé : « Certes, les programmes, mais là, ce serait très compliqué ! » Autrement dit, on peut toucher à 2 ou 3 poils de la queue du « mammouth » avec une réformette du côté des rythmes scolaires, mais pénétrer dans le cœur de la bête serait une entreprise d’une toute autre envergure.

J’ai peu de chance, maintenant ou en 2012, d’être ministre de l’Education nationale. Dommage ! Empruntant à ma très pragmatique épouse, j’aurais proposé pour dissiper chez les élèves embrumés du matin qu’un groupe témoin soit privé de télé pour un trimestre ou deux et puis comparer. Probablement, comme les autres téméraires, dans l’impossibilité de faire reculer l’inexpugnable forteresse-télé, je finirais sans doute par dire moi aussi : « Toutes les études scientifiques montrent… !»

10 juillet, 2011 à 10:09 | Commentaires (0) | Permalien


La fête des voisins

Vous aviez peut-être cru, comme moi, que la manifestation qu’on appelle « fête des voisins » était un grand moment de convivialité destiné à resserrer les liens supposés de bon voisinage. La vérité oblige à dire qu’en fait il s’agit d’un grand rassemblement de repentance collective du mal qu’ils se font les uns aux autres, car avec les voisins le pire n’est pas absolument sûr, mais assez probable.

Sans parti pris aucun, j’en prends au hasard. Je ne m’étendrai pas sur mes proches Nord et Sud, épinglés dans une ancienne chronique, dans laquelle on relevait les économies de bout de chandelle et la crainte irrépressible des non-natifs de la rue. C’est vrai que sur ce dernier point, on pourrait en remettre une couche, la peur montante ayant petit à petit multiplié les défenses et les alarmes rendant le lieu à peine moins impénétrable que Fort-Knox. Au point que les assiégés, obligés de se lever la nuit, en s’emmêlant les pinceaux dans les multiples boutons des alarmes, arrivent à se fiche la figure par terre. Du moins à l’hôpital les blessures par bêtise sont soignées aussi bien que les agressions par cambrioleur !

Je m’étendrai un peu sur le voisin Ouest. Ayant montré déjà des dispositions prometteuses en vue de l’établissement d’un musée des habituelles turpitudes du siècle, notamment avec la piscine et son incontournable dommage collatéral : le club-house, d’où s’échappent, selon les heures, des effluves de barbaque calcinée ou, pire, des centaines de décibels qui ne peuvent plus prétendre, même chez le plus optimiste aficionado, à l’appellation de musique.

Et pourtant, le pire du pire vient d’arriver. Notre voisin vient de transformer sa maison en chenil. Déjà possesseur de deux mastars hurlant jour et souvent nuit, il vient de compléter sa ménagerie d’une 3ème bête, plus petite il est vrai, mais qui compense sa taille modeste par l‘ampleur de sa voix. On sait que les habitants des chenils sont d’infatigables chanteurs et dès que l’organe de l’un marque un léger retrait le reste du choeur reprend de plus belle. Nous avons même droit, aux premières loges 2 à 3 fois l’an, quand ils nous interprètent les chorégies d’orage, puisque les bestioles, stressées par le tonnerre, en ce cas hurlent à la mort de concert. Si du moins elles pouvaient annoncer la leur ! Partis comme nous le sommes, tout donne à penser que le chenil va se compléter d’autres unités, et c’est donc à la notre, de mort, lente, que l’on va s’acheminer.

3 juillet, 2011 à 10:29 | Commentaires (0) | Permalien


Une resucée de petits bonheurs

Constatant une petite pause de l’actualité dans son défilé des horreurs journalières, j’en profite pour glisser une réédition de mes petits bonheurs. Petits car ces constats quotidiens ne vont pas révolutionner la planète, mais réussissent quand même à titiller positivement mon humeur.

C’est par exemple dans mon club, où le 3ème âge pèse lourd, le constat que depuis 2 ou 3 ans tous les bulletins des sections, les convocations, ignorent la poste et transitent par internet. Dans le groupe de mes anciens copains d’école revus récemment, et du même âge que les précédents, les échanges ne se font plus que par internet.

Dans un autre registre, c’est aussi le constat que, par leurs succès, les acteurs de l’économie sociale et solidaire deviennent plus lisibles au point de pousser les grands patrons, quelques que soient leurs motivations, à donner dans le « social business ». Dans une mouvance un peu cousine, on assiste à une vraie extension du bio. Prosélyte de cette religion, mon beau-frère, chez qui pas une miette d’alimentation n’oserait se montrer non-bio, doit contribuer sérieusement à la croissance du pourcentage.

A quelque chose malheur est bon : les ennuis des japonais nous permettront probablement bientôt de savoir (voire de contester) ce qui se traficote dans notre nucléaire. Juste retour du politique dans une chasse gardée. Tenez, eux, justement, les politiques.  Entre autres évolutions, il se pourrait que leur machisme et leur propension à sauter sur le 1er jupon qui bouge ne soit plus traité comme aimable folklore gaulois. Ne resterait plus qu’à purger les cas de trafic d’influence et les salaires versés sans contrepartie de travail, et tout serait clean.

Resterait aussi aux lycéens à cesser de se tabasser pour un rien (parfois pour la gloriole de mettre la photo sur Twitter) ou de se pinter en fin de semaine en croyant ainsi entrer dans le monde des grands. Et la vie pourrait commencer à devenir un long fleuve tranquille.

Prenez-moi pour un doux rêveur si ça vous chante, mais laissez-moi donc profiter de mes bouffées d’optimisme sans bouder pour autant une « 1ère gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ».

26 juin, 2011 à 9:36 | Commentaires (0) | Permalien


Tout petit bras

Mon idée d’être le chantre des petits et grands bonheurs s’est vite fracassée contre les dures réalités de l’actualité. On se souvient qu’il y a peu je m’étais inquiété de l’absence d’une grande idée fédératrice pour la prochaine présidentielle et de la probable production de pseudo-projets destinés à en masquer l’indigence. Et bien, nous y sommes !

Quelques députés socialistes viennent de proposer, comme je l’avais prévu (craint) de légaliser le cannabis. Au grand dam de Le Tellier qui, dans un billet d’humeur, prédit : « On commence par légaliser le cannabis et on finit par légaliser le tabac, voire l’alcool ».

On ne s’étonnera qu’à moitié : les socialistes, après avoir perdu leur champion, ont perdu aussi la boussole. F.Hollande, passé d’outsider à challenger, se voit tailler de jolis costumes par ses amis. Le cher Fabius, dans un bel accent de sincérité : « Franchement, vous l’imaginez président ? On rêve ! »  Un autre du même camp, à propos des synthèses du candidat : « La synthèse, ce n’est pas l’addition des prises de position, ça c’est la foutaise ».

Il n’y a pas que les socialistes à avoir perdu la boussole : les communistes opposés à Melenchon sur des sujets graves le désignent quand même comme leur candidat, ne serait-ce que pour glaner quelques miettes de voix et paraître continuer à exister.

Quant aux écolos, experts en divisions internes, leur campagne pour les primaires consiste essentiellement en un tir nourri des deux prétendants, l’un contre l’autre. Exercice où la candidate amazone ne trempe ses flèches ni dans le miel, ni dans l’eau de rose.

Dans ces conditions, je peux facilement prédire que le grand vainqueur du 1er tour sera le groupe des pêcheurs à la ligne. Et qu’au 2ème tour, malgré le « sursaut républicain » ( !) appelé par les partis, il sera encore gagnant.

Décidemment en France, on joue tout petit bras.

 

20 juin, 2011 à 16:06 | Commentaires (0) | Permalien


Que des bonheurs!

Vous avez probablement oublié, et moi le premier, que cette nouvelle version de mon blog se voulait chantre des bonheurs ordinaires. L’actualité, hélas, m’a obligé souvent à tremper ma plume dans l’encre de la colère ou de l’indignation. Comme l’actualité n’est pas près de changer, j’ai décidé de revenir à mes fondamentaux, comme ils disent. Et donc de vous conter mes sources de  bonheur.

Par ces temps de propos pessimistes sur les jeunes, la 1ère est de constater que mes enfants et petits-enfants nous témoignent toujours du respect, de l’écoute. C’est plaisant de savoir que l’épithète de « vieux con », si  généreusement distribuée, n’est pas bougonnée derrière notre dos. Autant qu’il nous semble, nos amis sont dans la même configuration.

Au delà de ce cercle proche et donc partial, les sujets de satisfaction ne manquent pas. Ce sont, espèce décriée aussi, ces enseignants qui prennent des initiatives pour intéresser leurs élèves, surtout quand ils sont présumés « difficiles ». Tout heureux, loin d’une université qui les ignore, d’avoir pu, grâce à leurs recherches, diffuser une partie de leur savoir. Finalement le cœur du métier !

Ces jeunes aussi, dont on parle moins que des « sauvageons », qui assurent des bénévolats dans des associations de tout genre, engagées ou davantage « société civile ». Telle ma petite fille sortant des aveugles le week-end pour leur expliquer ce qu’ils ne voient pas.

Encore plus simplement, sortant d’un raid à vélo d’une semaine, ce sont tous ces aubergistes attachés à faire plaisir à leurs hôtes. Certes, c’est leur gagne-pain, mais derrière leur accueil souriant et leur souci de notre bien-être, on n’entendait pas tellement tintinnabuler les euros.

C’est pourquoi les misères actuelles d’un ex-prétendant à la fonction suprême (qui les a peut-être un peu cherchées) ne font guère le poids dans ma tête vis à vis de ces bouquets de bonheur.

12 juin, 2011 à 16:33 | Commentaires (0) | Permalien


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