lancer des mots sages à la tête des maussades

Démocratie ?

 

Nous avons offert notre concours à la révolution libyenne et nous continuons d’offrir notre aide pour aider tous les pays du printemps arabe à parvenir à la démocratie. Je me demande si nous sommes bien compétents pour donner des leçons dans ce domaine. Chez nous en effet le peuple, le demos de démocratie, n’est pas vraiment consulté sur nombre de sujets majeurs. Prenons EDF par exemple. Par le drame japonais et la grâce d’une élection présidentielle, on reparle du nucléaire, et éventuellement d’en sortir. Mais, tachons de nous souvenir, est-ce que cette grande maison nous a demandé à un certain moment la permission d’y entrer ?

Un autre moyen d’échapper au contrôle du peuple (dit souverain) ce sont ces fameuses intercommunalités qui se lancent dans des investissements plus ou moins somptuaires, pas forcément productifs, et sans crainte de la prochaine élection puisqu’ils sont cooptés. Je ne voudrais pas accabler une fois de plus celle de Grenoble qui s’est offert un stade de 20000 places occupées sporadiquement par 2000 fans du club de foot local dans le 36ème dessous. Comme seront d’ailleurs nos finances de contribuables appelés à payer cet «investissement» sans emploi. Du moins Grenoble évite le scandale de Paris offrant 800000 € mensuels à cet fin de carrière de Beckham, juste pour le fun, sans doute!

Le local se permet ces fantaisies puisque l’état n’a pas plus de respect pour le droit qu’il promulgue pour les autres. Le bon peuple peut s’étonner, sans pouvoir rien y faire, qu’on puisse être embauché dans le public en  dessous du SMIC. Pareillement que la visite médicale annuelle obligatoire pour tous les salariés ne le soit pas pour les fonctionnaires, et particulièrement les enseignants en mesure de faire bénéficier les élèves de leurs microbes durant de longues années.

On se demande aussi à quoi sert le fauteuil d’actionnaire de l’Etat au sein de Renault. C’est le constructeur qui fabrique le moins de véhicules en France, même si le salaire somptueux de C.Ghosn est payé en bons euros. On me dira que le peuple n’a pas à se mêler de la conduite d’une entreprise privée. Je n’ai donc pas à avoir d’avis sur les éventuelles dérives d’EDF, de la SNCF, d’AREVA, etc….Je suis donc juste bon à me taire et à payer. Ce qui n’est pas vraiment la définition d’un citoyen démocrate.

 

 

23 décembre, 2011 à 17:00 | Commentaires (0) | Permalien


« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

Voici que nous sommes priés de nous esbaudir et d’applaudir à 2 mains pour l’exploit qui se prépare. En effet une équipe japonaise a bon espoir d’aboutir à reconstruire un mammouth d’époque à partir d’un ADN et de diverses manipulations génétiques, en mettant à contribution, entre autres, une éléphante. Au lieu d’admirer, je m’interroge. En ces temps où les crédits de recherche se font plus rares, est-ce vraiment une priorité de chercher à fabriquer (avec succès ?) cette vieille bête ? Au Japon en plus, il semble qu’il y avait peut-être mieux à faire à propos des japonais d’aujourd’hui.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, on nous dit qu’une autre équipe, européenne, sans doute en mal d’ego, ne désespère pas de nous refaire un homme de Cro Magnon. Au dela de la question de l’urgence qu’il y aurait à se lancer la-dedans maintenant, de l’investissement bien lourd pour un but très aléatoire, on peut se demander vraiment à quoi peut servir au XXI ème siècle un hominidé de 30000 ans. Une experte du Musée de l’Homme se pose la même question : va-t-on créer un parc avec mammouths, dinosaures, néanderthaliens ?

On nous répondra, bien sûr, que c’est pour le progrès. Quel progrès ? Le progrès pour  le progrès, ou quelques jours de brillance médiatique, je refuse ce progrès-la. La mise au point de la 1ère bombe atomique et de ses suivantes a été réalisée grâce à des avancées du progrès. Est-ce qu’on ne peut pas regretter qu’elle ait pu être mise au point ?

15 décembre, 2011 à 8:52 | Commentaires (0) | Permalien


« Trois grands A »

L’air cathodique ne fait que bruire en ce moment du terrible triple A. Et cela remet dans mon esprit un épisode tragi-comique de mes années de pensionnat,  devenu plus comique que tragique avec le temps. C’était le rituel hebdomadaire où notre supérieur venait en salle d’étude proclamer très cérémonieusement la « notation » de chacun. Pour la très grande majorité un triple A, qui s’énonçait alors : « trois grands A ». Une « faute » avait besoin d’être déjà notable pour valoir le « petit a ». Et pour tomber dans le « grand E », à fortiori le « petit e », il fallait, aux yeux de l’institution, avoir commis un grand crime. Avec d’autres collègues, j’ai été « dégradé » d’un « petit e » pour avoir voulu saboter « le Prix de sagesse », une jolie séance d’hypocrisie où chaque élève votait pour élire l’heureux titulaire, forcément choisi parmi les fayots des bancs de devant.

Pourquoi comique avec le temps ? Parce que chacun des A s’appliquait à un domaine : discipline, travail et devoirs religieux. On se perd en conjectures, comme disent les bons auteurs, sur la façon d’apprécier le niveau des devoirs religieux, d’autant que messes et vêpres, et autres dévotions étaient obligatoires. Le ridicule vient de ce qu’une note basse faisait chuter les autres. Ainsi une indiscipline passible du « grand E » valait mécaniquement « petit a » pour les 2 autres. Et donc, le 1er de la classe, que je fus parfois, voyait son A du travail tomber à « a » ou « E » pour une incivilité commise sous le préau.

Mon souvenir s’amuse aussi de la comparaison avec le triple A des politiques. Autant ma « dégradation » à « E » ou même « e » ne m’a coûté qu’une retenue aux vacances suivantes, assez jouissive puisqu’elle punissait aussi le pion de surveillance, autant je n’arrive pas à pleurer sur Sarkozy tâchant d’éviter la fessée de l’Oberhauptmeister Angela, ou tremblant d’un éventuel froncement de sourcil de Moody’s ou de Standard and Poor’s. Certes les enjeux sont vraiment différents et je ne devrais pas sourire de ces chefs d’état réduits à l’état de gamins apeurés dans l’attente de leur note. Car en fait de retenue, il ne s’agit plus d’une journée de vacances, mais de beaucoup, beaucoup d’euros, à ce qu’on nous promet. Il n’y a vraiment pas de quoi rire !

 

8 décembre, 2011 à 17:30 | Commentaires (0) | Permalien


Je t’aime, moi non plus

L’actualité récente m’oblige à revenir sur la politique et les comédies qu ‘elle engendre. C’est  à propos d’un épisode dont il faut se dépêcher d’en rire de peur d’avoir à en pleurer. Après les pantalonnades, bien dans le style « rions avant de pleurer », dont nous a régalé, de Lille à New York celui qui faillit être notre Président, nous est offert un de ces sketchs tragi-comiques dont les Verts et le P.S. ont le secret.

Ils ont en effet signé un accord actant leur désaccord, avec toutefois une part d’accord. Que voila donc une riante perspective pour un prochain gouvernement ! Le P.S. n’a pas accepté l’arrêt de l’E.P.R. préalable absolu des Verts avant les discussions. En fixant à 2025, à 3 législatures d’ici, une certaine restriction du nucléaire, F.Hollande, décoré du joli surnom de « couille molle » par ses amis, s’est offert à bon compte un coup de menton autoritaire. D’ici là beaucoup d’eau (radioactive ?) aura coulé sous les ponts. Bien sûr, cela ne fait pas vraiment l’affaire d’Eva Joly, auteur de l’ultimatum, et dont les sondages ne vont probablement pas remonter après cet exploit.

Reste-t-il alors des lambeaux d’accord ? Oui, car pour faire oublier ce niet nucléaire, le P.S. offre quelques circonscriptions à ses alliés, dont une à Paris. Ainsi que l’exprimait un écolo au sortir de ce magouillage : « Une circonscription contre une centrale, le compte n’y est pas ! » D’ailleurs à quoi riment ces répartitions électorales avant même d’avoir gagné la présidentielle ? En discutant déjà des suites d’un 2ème tour gagné, n’oublie-t-on pas de gagner le 1er ? Avril 2002 n’est tout de même pas si lointain !

Pas vraiment emballé de ce scénario, j’ai voulu me consoler d’un pain « bio ». Le « bio », un terrain que pourraient défricher à loisir nos amis écolos. Le vendeur de mon pain a tenu à me préciser sous quel label il officiait. « Parce qu’il y en a plusieurs ?» ai-je demandé. « Evidemment, avec des critères différents » a-t-il répondu. Des labels aux critères flottants, cela en dénature (c’est vraiment le mot à employer) la portée.

24 novembre, 2011 à 11:41 | Commentaires (0) | Permalien


Désespérément beau

« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux ». J’avais vraiment besoin de recourir à ces vers de Musset pour m’en convaincre.  Car le chant de monsieur Fillon l’autre midi, sinon désespéré, était désespérant en énumérant tout ce qu’il voulait raboter dans nos ressources futures.

On l’eut trouvé beau dans sa désespérance s’il nous avait dit à quoi ces sacrifices allaient servir. Officiellement, il s’agit de décharger des épaules de nos enfants ce poids de la « dette » devenu tellement lourd. Je me serais plus volontiers laissé convaincre si dans le même temps chaque ministre avait accepté une légère amputation de ses 14000€ mensuels. Ou, pour rester dans le registre des retraites, si nos représentants avaient allongé aussi les actuelles 15 années de mandat suffisantes pour une retraite complète (par ailleurs honnête). A voir le haussement d’épaules qui a ponctué la proposition d’un des leurs de baisser un peu leur indemnité mensuelle, on voit que c’est vraiment hors sujet.

Ce sont les experts qui décryptent le vrai  motif de ces sacrifices à venir : il s’agit de préserver notre fameux AAA. Ils nous promettent d’ailleurs en même temps , qu’à se soumettre aux diktats du F.M.I. ou aux terribles agences de notation, s’ouvre pour nous le chemin inéluctable vers la faillite. Comme ils le disent si joliment, notre pays pourra ainsi mourir guéri.

On peut supposer monsieur Fillon plutôt cultivé, mais cela ne le pousse pas pour autant à adopter le point de vue de Musset et trouver quelque beauté dans la désespérance. A voir sa tête quand il nous chantait sa rigueur, est-ce là l’influence de son épouse anglaise, on le sentait plutôt « churchilien » prêt à nous promettre « du sang et des larmes » !

18 novembre, 2011 à 16:52 | Commentaires (0) | Permalien


Un florilège dauphinois

Même si, inaugurant un nouveau blog à l’aube de  2011, avec l’idée d’y repérer des raisons de se réjouir, je dois bien constater, l’âge aidant et les rhumatismes aussi, que mon esprit penche plus volontiers du côté de la philippique que du dithyrambe. Ce qui me pousse une fois encore à m’en prendre à une bizarrerie de ma cité.

En effet, il a été décidé d’attribuer aux rues de la cité des noms d’auteurs ou de musiciens. Ce qui est intéressant culturellement, mais pour ce repérer dans ce dédale d’auteurs devient carrément cucul. D’autant qu’on a voulu utiliser toute l’anthologie disponible, jusqu’à affecter à ce pauvre Lamarck 15 mètres de goudron menant à un garage.

Renonçant à puiser dans les auteurs contemporains pas toujours sûrs de passer à la postérité, on a jeté le dévolu sur quelques politiques dont l’aura ne tient pas aux mallettes de  leurs campagnes. C’est ainsi que Mendès-France s’est vu attribuer l’artère la plus passante, sorte d’autoroute de contournement, pourvue de 2 bancs habituellement désertés (objet d’une vieille chronique en hommage au fessier inconnu qui osa s’y poser). Mais c’est peut-être mieux que Jean  Moulin, écopant d’une ruelle tordue, desservant d’antiques maisons promises à la démolition au prochain plan d’urbanisme. Sacré Panthéon !!

Ce parti pris de célébrités conduit, on le voit, à quelques inconvénients. Ne pouvait-on pas s’inspirer de la créativité de nos communes françaises, du moins dans leurs noms. Car pour leurs rues, avec l’avenue des cyprès ou  l’allée des lilas, on vole plutôt bas.

On aurait pu exhiber du Longcochon, du Montfroc ou du Montcuq. Aller jusqu’à la verdeur jurassienne qui ose Foulay près les Deux Fays (comme ça se prononce avec le s à la fin). Les tenants du bien pensant pouvaient inviter la poésie, ce qui nous aurait valu  peut-être des Saint-Julien Molin Molette.

Pour se priver d’une pareille fraîcheur de terroir, le froid pragmatisme  des édiles aurait fait valoir : un tel nom ne tient pas dans une plaque de rue.

1 novembre, 2011 à 11:42 | Commentaires (0) | Permalien


Pensées d’automne

Le vélo qui occupe souvent mes pensées, et mon fessier, n’occupe finalement pas tellement de place dans ce blog. Peut-être que les louanges que je pourrais lui tresser ne sont pas à la hauteur de la passion que je lui voue. Je vais donc sur le métier remettre l’ouvrage. En évoquant les belles heures des randonnées cyclistes avec tente et sacoches, accompagné de mon épouse, coéquipière solidaire de ces tours, avec une prédilection pour les îles (Corse, Irlande, Crête…) Plus récemment  mon fils m’a fait découvrir des horizons plus lointains que nous parcourions au rythme de touristes sans cesse éblouis. Il en reste des carnets écornés à feuilleter « le soir à la chandelle » quand le vélo est rangé.

En attendant je suis encore tout ébaubi de mon dernier exploit à vélo. En effet j’ai gravi le Tourmalet, col de légende s’il en est. C’était un rêve : pouvoir m’offrir cette grimpée avant que les forces ne m’abandonnent peu ou prou. Je sais trop bien que mes 76 printemps virent progressivement à l’automne.

Et j’étais heureux de « l’exploit » bien sûr. Mais peut-être plus encore de ce superbe paysage de montagne où j’ai flâné quelques heures (à ma vitesse de vieil amateur j’ai eu le temps de flâner). Ma montée au Ventoux quelques jours après m’a bien montré que je ne me risquerais plus guère dans ces ascensions et que j ‘avais bien fait d’en profiter.

N’en concluez pas pour autant que je prépare ma sortie définitive, ni de cette terre, ni même du vélo. D’ailleurs mes enfants n’ont pas encore été convoqués à la façon de la fable de La Fontaine : « Un laboureur sentant sa fin prochaine fit venir ses enfants …». Je ne sais pas d’ailleurs, si de mon grabat de bientôt mort, j’aurai envie de déployer un tel cérémonial.

Pour en retarder l’échéance en tous cas, il y aura bientôt le ski de fond bien accordé à m’entretenir les quadriceps.

7 octobre, 2011 à 14:17 | Commentaires (1) | Permalien


Gesticulations dérisoires

Pas besoin de savoir jongler avec les intérêts de la dette, le P.I.B. ou les eurobons pour le comprendre : la crise est bien là. Il suffit de constater dans les allées des hard-discount ces chariots pleins de produits bas de gamme et rétrécis, quand ils n’ont pas carrément déserté. Ce sont aussi ces avalanches de promos à tout va de  vendeurs essayant d’appâter des acheteurs qui s’enfuient.

C’est aussi la crise des gouvernances, comme nous l’ont si bien illustré les peuples du printemps arabe. Avoir le courage de braver la mort sous les balles de dictateurs sanguinaires dit clairement la soif de liberté de ces rebelles. Par ailleurs en faire des tonnes sur le sujet dans les médias masque pour un moment ce qu’on pourrait en dire par chez nous.

En face de cette sorte de  fin du monde sociétale, qu’opposons-nous ? Nous opposons 60 micros et caméras venus voir D.S.K. tourner la clé de sa maison. Place des Vosges quand même ! Pour cet ex-candidat du parti du partage des richesses, cela paraît terriblement déplacé et dérisoire.

Quand le présentateur de France 2, par courtoisie, dit « ce qu’on peut vous souhaiter » à son invitée candidate à la présidence, prendre ce groupe de mots, les manipuler en contre-sens pour en faire une polémique, c’est mesquin… et dérisoire.

Quand cet ado affûte les arguments d’une dialectique avec ses parents très « classe moyenne » pour arracher l’argent nécessaire au changement de son I-pod 4 en faveur de l’I-pod 5, n’est-ce pas révoltant… et dérisoire ?

Quand je jette aux quatre vents de la « Toile » mes humeurs plus ou moins désespérées sur l’état de notre monde, j’ai bien peur que ce soit inutile… et dérisoire. 

C’est pourquoi, pour ne pas ajouter l’incongru au dérisoire, je m’empresse d’en rester là.

 

24 septembre, 2011 à 8:16 | Commentaires (2) | Permalien


La femme, avenir de l’homme, vraiment ?

Aragon l’a écrit et Ferrat l’a chanté : « La femme est l’avenir de l’homme ». Malgré ces prestigieux patronages, je prétends que ce dont l’homme est le plus reconnaissant à la femme, c’est ce qu’elle lui apporte au présent .

Bien sûr, dans l’enfance déjà, où elle n’a pas son pareil pour prévenir un pleur, glisser un « Mars » dans le cartable de l’écolier parti sans déjeuner ou même lui coller ses anti-sèches dans  la poche quand il part pour le bac.

Tellement confortables ces attentions que certains garçons ne dédaignent pas de les prolonger au delà des limites présumées normales. Ce qui peut nous valoir, 3 fois le jour, des téléphones de « mon bébé » à sa « manouchka chérie » pour lui révéler qu’il a retrouvé son crayon bleu et même qu’il a repris des épinards à la cantine.

Hormis ces « Tanguy » prolongés, c’est quand même la femme, souvent devenue épouse lors de la vie professionnelle, qui évite à son homme de mettre des chaussettes bleues avec un pantalon vert, ou d’accrocher 3 boutons à la veste qui le boudine un peu.

De ce présent indispensable à tout instant une preuve est donnée par ces célibataires par statut, les prêtres (depuis qu’ils ont le droit de s’habiller « en civil »). La fidélité à leur vœu de célibat, donc d’absence de femme, se révèle plus sûrement qu’aucun serment par la manière dont ils sont « gaunés » *.

Autre corporation qui ne pourrait se passer des femmes : les politiques. Qui d’autre en effet corrige les fautes dans leurs discours, les maquille, extérieur, intérieur, avant qu’ils n’entrent dans l’arène ou les dorlotent quand ils ramassent une veste. Pour autant elles ne sont guère admises dans les cénacles, car il n’y a qu’elles, éminemment pragmatiques, pour poser ce type de question : « Ce grand projet au coût pharaonique est-ce qu’il sert à autre chose que quelques lignes d’autosatisfaction dans le bulletin municipal ? ». Ce faisant ne nous attendons donc pas que la parité progresse dans les conseils municipaux, pas plus qu’au conseil général ni sans doute au gouvernement.

A mon âge il n’est guère étonnant que mes fréquentations soient majoritairement celles de vieux. Chez eux aussi, se repère illico le sans-femme : des poils disgracieux s’échappent de ses narines ou de ses oreilles et sa chemise propose un pachwork de tâches diverses, graisse, café, dentifrice,…..

A ces seuls exemples, vous comprendrez que j’ignore de quoi sera fait mon avenir, mais il est sûr en tous cas que ma femme y sera. Je la soignerai amoureusement jusqu’à mon dernier souffle pour que chaque jour du présent elle continue de me garder de toutes les déviances des célibataires.

 

* En sabir jurassien, se gauner c’est se vêtir de façon ridicule à la limite du clownesque.

7 septembre, 2011 à 7:51 | Commentaires (5) | Permalien


« Vivez si m’en croyez »

Sous prétexte que je fais encore honorablement un peu de vélo et de ski de fond et que je m’achemine, à pas comptés, mais sans canne, vers les 80 printemps, mes enfants et petits enfants font mine de me trouver indestructible. Pas forcément peut-être par souci sincère ni même par flatterie. Et de s’étonner qu’on envisage de quitter un jour notre immense maison et son jardin conséquent, qu’on veuille réduire le rayon des raids pédestres ou cyclistes, qu’on réduise aussi la voilure dans nos rôles d’animateurs de club de vacances.

Accompagnant, comme on dit, à sa dernière demeure une amie chère avec qui je skiais encore cet hiver, j’ai bien senti que je devais contredire mes proches et imaginer très concrètement que je sois mortel. Ce qui en soi n’est pas un drame. Depuis l’homme de Neanderthal, des générations entières naissent, vivent et meurent, sans avoir besoin de nous ch.. une pendule à chaque fois.

Et oui, chers enfants, comme le disait si joliment mon ami Georges, moi aussi je lèverai les galoches. Cela peut venir dans une randonnée cycliste irrémédiablement interrompue par un imbécile en voiture. Ce peut être le fameux A.V.C. qui s’abat sur n’importe qui , n’importe quand. On peut même mourir de chagrin d’une blessure à l’âme qui ne veut pas guérir.

Ce disant, dans une chronique qui n’est pas vraiment à la galéjade, je m’en voudrais de convoquer pour conclure les durs stoïciens. Je m’en remettrais plutôt au cher Ronsard et vous conseillerais : « Vivez, si m’en croyez,..cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ».

28 août, 2011 à 14:35 | Commentaires (1) | Permalien


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