lancer des mots sages à la tête des maussades

» Catégorie : Société


Allons enfants, mangeons, bougeons!

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A mon âge avancé, je fais partie, avec les femmes et les enfants, de ces êtres fragiles dont la santé doit être une préoccupation majeure. Soucieux et responsable, je suis allé sur le site « manger-bouger » censé me donner les clés de mon maintien en bonne forme.

Dérapage de mon pouce sur la zapette ou lapsus digitae inconscient, je ne sais. Toujours est il que la 1ère recommandation qui m’a frappé l’œil, avec l’image appropriée : privilégiez l’allaitement au sein ! Facile à dire ! Je ne peux plus recourir au sein maternel. Quant à solliciter celui d’une bénévole inconnue, je ne peux l’imaginer.

On voit que je me préoccupe de ma santé, et pourtant dans ce domaine primordial, je constate que tout le monde s’en fout. Et d’abord les professionnels. Je laisse à la justice le soin de régler leur compte au labo et aux médecins qui ont généreusement distribué un soi-disant coupe-faim qui n’était pas fait pour ça.

Pour autant les utilisateurs, les patients, portent souvent une responsabilité dans leur malheur. Aujourd’hui les prothèses mammaires occupent le devant de la  scène. Loin de moi l’idée de contester le besoin pour  une femme, après une ablation du sein suite à un cancer, d’aider à se reconstruire une identité grâce à une opération de chirurgie. Par contre, le même besoin, par pur souci esthétique, d’ailleurs contestable, me dérange. Et plus encore quand des manifestantes, d’à peine 20 ans, veulent qu’on leur réimplante des silicones plus « pures », et gratuitement ! Le 1er désastre ne leur a pas suffi ?

Et cette mère, elle même soucieuse de sa ligne, suivant aveuglément l’oukase des 5 légumes, et préparant pour ses bébés des haricots ou endives, plutôt que le calcium des laitages ou les protéines de la viande. Ira-t-elle manifester plus tard, jurant qu’on l’a trompée, quand les petits devenus grands présenteront les symptômes de l’anémie et des jambes en cerceau ?

Secu, secure, sécurité

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Il ne vous aura pas échappé qu’il n’est plus possible de faire un pas sans être photographié, radarisé, numérisé, digicodisé, webcamisé, radiographié, bref controlé de partout. Ce qui signifie qu’on vit dans un monde éminemment dangereux puisqu’on y traque tous les voleurs et agresseurs potentiels. Les statistiques de la délinquance le confirment et même on apprend qu’on peut tuer son prochain pour quelques euros ou récupérer un objet de rien.
Cette insécurité interpelle tous nos candidats à la présidentielle. Faute d’avoir la réponse imparable, ils n’auront guère pour se distinguer qu’essayer un mot rare, « insecure » par exemple, ou céder comme souvent à l’invective. Ce qui bien sûr ne changera pas beaucoup ce monde inhumain, créateur donc de toutes les dérives. Songeons que dans nombre d’entreprises, les 2/3 des salariés sont en contrat précaire, et donc quels projets de lendemains peuvent-ils avoir ? C’est  aussi la femme qui revient de maternité et qui trouve, sans explication, quelqu’un dans son fauteuil. Quand elle n’est pas licenciée. C’est même simplement le blessé d’une équipe de compétition qui revient et n’a plus droit qu’au banc de touche.
Puisque ce monde de brutes provoque l’insécurité, changeons le ! Comment ? C’est nous tous, ce peuple tellement invoqué par les politiques, qui doit s’y coller. Les banquiers, au lieu d’amasser un pactole pour leurs bonus et ceux des traders, pourraient le consacrer en investissements aux entreprises. Au lieu de faire du chiffre, les policiers feraient  de la prévention. Les enseignants feraient la classe plutôt que de la discipline. Les patrons montreraient autant de respect aux hommes qu’ils en ont pour leurs chères machines.
Sans optimisme béat, je crois qu’on aura changé quand on verra dans nos villages, comme on le voit encore en quelques contrées isolées, une voiture ouverte qui n’attend personne autre que son propriétaire. Quand dans nos villes on retrouvera, sur nos balcons, des fleurs plutôt que ces cycles bizarrement scotchés là.

Mais où sont les neiges d’antan ?

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Cela ne vous aura pas échappé, toutes les radios et télés en bruissent depuis plusieurs jours : il fait froid. Avec la sempiternelle ritournelle rabâchée en ce cas à usage de ces petites porcelaines fragiles : les vieux. « Ne sortez pas de chez vous, si vous sortez, couvrez-vous la bouche et le nez, mettez un chapeau…. »
Déjà, ces précautions ont un côté insultant. Comme si, après 70 ou 80 hivers passés, on ne savait pas qu’il faut s’habiller un peu plus en hiver. Mais ce qui est spécialement énervant dans cette sollicitude, c’est qu’elle n’est que bisannuelle : une fois en été (il fait chaud) et une fois en hiver, le froid ! J’aimerais une attention un peu mieux répartie au long de l’année.
Par exemple est-ce que nous nous inquiétons habituellement du retraité, plus encore de la retraitée qui cumule souvent avec ce statut celui de veuve, qui voit ses impôts, les denrées alimentaires augmenter, sans que sa pension, de réversion ou non, ne bouge.
Même si respect et courtoisie semblent des attitudes d’un autre âge, ne pouvons-nous penser que les vieux, par sagesse ou à cause des rhumatismes, ne sont pas dans le rythme trépidant du temps, et que leur monter sur les pieds dans le bus ou le train ne les fera pas  courir pour autant ?
Du côté artistique, il est quasiment admis que ce qui a été produit avant la dernière génération est forcément ringard. Pour autant ne pourrait-on pas faire entendre de temps à autre une de ces chansons à texte, du texte avec du sens ? Outre le plaisir fait aux vieux, peut-être, sait-on jamais, écouter Brel ou Brassens pourrait ouvrir à la poésie « un p’tit con de la dernière averse ».
Pour rester dans la poésie, en réponse au dédain qu’on leur témoigne souvent, les vieux aimeraient sans doute faire entendre à quelques-uns exhibant leur « jeunitude » les vers de Ronsard rappelant à sa Marquise qu’elle aura un jour les rides qu’il montre aujourd’hui. On nous dit que la moitié des lycéens d’aujourd’hui seront centenaires. Sans y avoir réfléchi, que répondront-ils, à ce moment-là, à ces nouveaux jeunes, nés avec le MP3 intégré d’origine dans le cerveau,  et les bouts de doigts déjà encornés prêts à martyriser n’importe quel clavier à 18 mois ?

Fichue pandalonnade

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Cela ne vous a probablement pas échappé : nous sommes entrés dans une époque de catastrophes. On perd le triple A, les bateaux s’échouent bêtement et l’OM ne peut pas étendre son domaine à cause des bonnes sœurs voisines qui ne veulent pas laisser leur terrain (occupé quand même depuis le XIXème).
Pour nous épargner l’inéluctable dépression devant de telles calamités, les médias nous servent à journée faite un drôle d’émollient : on vient d’emprunter à la Chine 2 pandas. Evidemment je n’ai rien contre ces bestioles, mais je trouve qu’elles tiennent beaucoup de place dans ce qu’on continue d’appeler les « nouvelles ».
J’avais déjà beaucoup à faire avec les chiens du voisin. Voici que mon esprit va devoir être obnubilé par 2 pandas qui posent question. Et d’abord ils viennent de Chine. C’était vraiment la question la plus urgente, la plus utile, que nous avions à traiter avec ce pays ?
On s’interroge aussi à propos de l’argent. Depuis plusieurs mois on remet le Plan Altzheimer faute de crédits, on réduit les prestations faute de sous. Et on a de quoi affréter le plus gros de nos avions porteurs spécialement pour les 2 animaux ! sans compter le conditionnement et les transports à terre.
Soyons positifs : tout ça doit bien servir à quelque chose ! En effet : acquérir 100000 visiteurs de plus au zoo de Beauval. Le pauvre bourg de Saint-Aignan qui l’abrite doit être particulièrement désertique pour avoir besoin d’être pollué par des milliers de voitures, de cars et de saucissonneurs pourvoyeurs infatigables de papiers gras.
Au vu de tout cela, je me demande si je ne vais pas aller rejoindre les illuminés de Budarach pour y attendre la fin du monde.
Cela ne vous a probablement pas échappé : nous sommes entrés dans une époque de catastrophes. On perd le triple A, les bateaux s’échouent bêtement et l’OM ne peut pas étendre son domaine à cause des bonnes sœurs voisines qui ne veulent pas laisser leur terrain (occupé quand même depuis le XIXème).
Pour nous épargner l’inéluctable dépression devant de telles calamités, les médias nous servent à journée faite un drôle d’émollient : on vient d’emprunter à la Chine 2 pandas. Evidemment je n’ai rien contre ces bestioles, mais je trouve qu’elles tiennent beaucoup de place dans ce qu’on continue d’appeler les « nouvelles ».
J’avais déjà beaucoup à faire avec les chiens du voisin. Voici que mon esprit va devoir être obnubilé par 2 pandas qui posent question. Et d’abord ils viennent de Chine. C’était vraiment la question la plus urgente, la plus utile, que nous avions à traiter avec ce pays ?
On s’interroge aussi à propos de l’argent. Depuis plusieurs mois on remet le Plan Altzheimer faute de crédits, on réduit les prestations faute de sous. Et on a de quoi affréter le plus gros de nos avions porteurs spécialement pour les 2 animaux ! sans compter le conditionnement et les transports à terre.
Soyons positifs : tout ça doit bien servir à quelque chose ! En effet : acquérir 100000 visiteurs de plus au zoo de Beauval. Le pauvre bourg de Saint-Aignan qui l’abrite doit être particulièrement désertique pour avoir besoin d’être pollué par des milliers de voitures, de cars et de saucissonneurs pourvoyeurs infatigables de papiers gras.
Au vu de tout cela, je me demande si je ne vais pas aller rejoindre les illuminés de Budarach pour y attendre la fin du monde.

Sacrée bonne année

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A tous ceux qui lisent mes posts, les jeunes ou les vieux, les intellos ou les manuels, les fans de  « Méluche » et ceux de Dupond D’Aignan, je fais des vœux de très bonne année, forts et sincères.

Vraiment forts les vœux, car dès les 1ers jours, ça part de travers. Et d’abord, bien sûr, par ce qu’on continue d’appeler « Paris-Dakar » et qui se court en Amérique latine. Qu’on continue aussi de présenter comme un événement sportif. Je me demande où est le sport dans une compétition où l’énergie à développer est produite par un moteur. Bel exploit quand les plus riches peuvent se payer le meilleur matériel et donc tenir la tête !

De plus, par ces temps, parait-il, tournés vers l’écologie, transporter des centaines de véhicules à 6000 kms pour leur faire cracher ensuite des tonnes de CO² en Argentine ou Chili, ne va pas vraiment dans le bon sens.

Drôle de début aussi en Hongrie, où le 1er Ministre vire tranquillement au dictateur. Après avoir supprimé toute velléité d’opposition dans la presse et même constitutionnellement, il se rêve sans doute nouveau potentat d’un empire austro-hongrois reconstitué.

Mais dans notre France, pouvons-nous nous croire hissés un ton au dessus pour cette année présidentielle ? Il semble que non. On assisterait plutôt à ces batailles de mots, qui auraient été dits, mais pas vraiment comme ça, en tous cas tirés de leur contexte. Bref, on est  encore dans le débat des petites phrases.

Est-ce que tous ces jeunes pleins d’énergie, ces anciens pleins de sagesse, ne vont pas pousser à ce qu’on entre enfin dans un débat de fond. A ce stade les sujets ne manquent pas. Puisse l’avenir nous confirmer cet espoir. Alors, ce sera une sacrée bonne année !

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

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Voici que nous sommes priés de nous esbaudir et d’applaudir à 2 mains pour l’exploit qui se prépare. En effet une équipe japonaise a bon espoir d’aboutir à reconstruire un mammouth d’époque à partir d’un ADN et de diverses manipulations génétiques, en mettant à contribution, entre autres, une éléphante. Au lieu d’admirer, je m’interroge. En ces temps où les crédits de recherche se font plus rares, est-ce vraiment une priorité de chercher à fabriquer (avec succès ?) cette vieille bête ? Au Japon en plus, il semble qu’il y avait peut-être mieux à faire à propos des japonais d’aujourd’hui.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, on nous dit qu’une autre équipe, européenne, sans doute en mal d’ego, ne désespère pas de nous refaire un homme de Cro Magnon. Au dela de la question de l’urgence qu’il y aurait à se lancer la-dedans maintenant, de l’investissement bien lourd pour un but très aléatoire, on peut se demander vraiment à quoi peut servir au XXI ème siècle un hominidé de 30000 ans. Une experte du Musée de l’Homme se pose la même question : va-t-on créer un parc avec mammouths, dinosaures, néanderthaliens ?

On nous répondra, bien sûr, que c’est pour le progrès. Quel progrès ? Le progrès pour  le progrès, ou quelques jours de brillance médiatique, je refuse ce progrès-la. La mise au point de la 1ère bombe atomique et de ses suivantes a été réalisée grâce à des avancées du progrès. Est-ce qu’on ne peut pas regretter qu’elle ait pu être mise au point ?

Un florilège dauphinois

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Même si, inaugurant un nouveau blog à l’aube de  2011, avec l’idée d’y repérer des raisons de se réjouir, je dois bien constater, l’âge aidant et les rhumatismes aussi, que mon esprit penche plus volontiers du côté de la philippique que du dithyrambe. Ce qui me pousse une fois encore à m’en prendre à une bizarrerie de ma cité.

En effet, il a été décidé d’attribuer aux rues de la cité des noms d’auteurs ou de musiciens. Ce qui est intéressant culturellement, mais pour ce repérer dans ce dédale d’auteurs devient carrément cucul. D’autant qu’on a voulu utiliser toute l’anthologie disponible, jusqu’à affecter à ce pauvre Lamarck 15 mètres de goudron menant à un garage.

Renonçant à puiser dans les auteurs contemporains pas toujours sûrs de passer à la postérité, on a jeté le dévolu sur quelques politiques dont l’aura ne tient pas aux mallettes de  leurs campagnes. C’est ainsi que Mendès-France s’est vu attribuer l’artère la plus passante, sorte d’autoroute de contournement, pourvue de 2 bancs habituellement désertés (objet d’une vieille chronique en hommage au fessier inconnu qui osa s’y poser). Mais c’est peut-être mieux que Jean  Moulin, écopant d’une ruelle tordue, desservant d’antiques maisons promises à la démolition au prochain plan d’urbanisme. Sacré Panthéon !!

Ce parti pris de célébrités conduit, on le voit, à quelques inconvénients. Ne pouvait-on pas s’inspirer de la créativité de nos communes françaises, du moins dans leurs noms. Car pour leurs rues, avec l’avenue des cyprès ou  l’allée des lilas, on vole plutôt bas.

On aurait pu exhiber du Longcochon, du Montfroc ou du Montcuq. Aller jusqu’à la verdeur jurassienne qui ose Foulay près les Deux Fays (comme ça se prononce avec le s à la fin). Les tenants du bien pensant pouvaient inviter la poésie, ce qui nous aurait valu  peut-être des Saint-Julien Molin Molette.

Pour se priver d’une pareille fraîcheur de terroir, le froid pragmatisme  des édiles aurait fait valoir : un tel nom ne tient pas dans une plaque de rue.

Gesticulations dérisoires

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Pas besoin de savoir jongler avec les intérêts de la dette, le P.I.B. ou les eurobons pour le comprendre : la crise est bien là. Il suffit de constater dans les allées des hard-discount ces chariots pleins de produits bas de gamme et rétrécis, quand ils n’ont pas carrément déserté. Ce sont aussi ces avalanches de promos à tout va de  vendeurs essayant d’appâter des acheteurs qui s’enfuient.

C’est aussi la crise des gouvernances, comme nous l’ont si bien illustré les peuples du printemps arabe. Avoir le courage de braver la mort sous les balles de dictateurs sanguinaires dit clairement la soif de liberté de ces rebelles. Par ailleurs en faire des tonnes sur le sujet dans les médias masque pour un moment ce qu’on pourrait en dire par chez nous.

En face de cette sorte de  fin du monde sociétale, qu’opposons-nous ? Nous opposons 60 micros et caméras venus voir D.S.K. tourner la clé de sa maison. Place des Vosges quand même ! Pour cet ex-candidat du parti du partage des richesses, cela paraît terriblement déplacé et dérisoire.

Quand le présentateur de France 2, par courtoisie, dit « ce qu’on peut vous souhaiter » à son invitée candidate à la présidence, prendre ce groupe de mots, les manipuler en contre-sens pour en faire une polémique, c’est mesquin… et dérisoire.

Quand cet ado affûte les arguments d’une dialectique avec ses parents très « classe moyenne » pour arracher l’argent nécessaire au changement de son I-pod 4 en faveur de l’I-pod 5, n’est-ce pas révoltant… et dérisoire ?

Quand je jette aux quatre vents de la « Toile » mes humeurs plus ou moins désespérées sur l’état de notre monde, j’ai bien peur que ce soit inutile… et dérisoire. 

C’est pourquoi, pour ne pas ajouter l’incongru au dérisoire, je m’empresse d’en rester là.

 

La femme, avenir de l’homme, vraiment ?

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Aragon l’a écrit et Ferrat l’a chanté : « La femme est l’avenir de l’homme ». Malgré ces prestigieux patronages, je prétends que ce dont l’homme est le plus reconnaissant à la femme, c’est ce qu’elle lui apporte au présent .

Bien sûr, dans l’enfance déjà, où elle n’a pas son pareil pour prévenir un pleur, glisser un « Mars » dans le cartable de l’écolier parti sans déjeuner ou même lui coller ses anti-sèches dans  la poche quand il part pour le bac.

Tellement confortables ces attentions que certains garçons ne dédaignent pas de les prolonger au delà des limites présumées normales. Ce qui peut nous valoir, 3 fois le jour, des téléphones de « mon bébé » à sa « manouchka chérie » pour lui révéler qu’il a retrouvé son crayon bleu et même qu’il a repris des épinards à la cantine.

Hormis ces « Tanguy » prolongés, c’est quand même la femme, souvent devenue épouse lors de la vie professionnelle, qui évite à son homme de mettre des chaussettes bleues avec un pantalon vert, ou d’accrocher 3 boutons à la veste qui le boudine un peu.

De ce présent indispensable à tout instant une preuve est donnée par ces célibataires par statut, les prêtres (depuis qu’ils ont le droit de s’habiller « en civil »). La fidélité à leur vœu de célibat, donc d’absence de femme, se révèle plus sûrement qu’aucun serment par la manière dont ils sont « gaunés » *.

Autre corporation qui ne pourrait se passer des femmes : les politiques. Qui d’autre en effet corrige les fautes dans leurs discours, les maquille, extérieur, intérieur, avant qu’ils n’entrent dans l’arène ou les dorlotent quand ils ramassent une veste. Pour autant elles ne sont guère admises dans les cénacles, car il n’y a qu’elles, éminemment pragmatiques, pour poser ce type de question : « Ce grand projet au coût pharaonique est-ce qu’il sert à autre chose que quelques lignes d’autosatisfaction dans le bulletin municipal ? ». Ce faisant ne nous attendons donc pas que la parité progresse dans les conseils municipaux, pas plus qu’au conseil général ni sans doute au gouvernement.

A mon âge il n’est guère étonnant que mes fréquentations soient majoritairement celles de vieux. Chez eux aussi, se repère illico le sans-femme : des poils disgracieux s’échappent de ses narines ou de ses oreilles et sa chemise propose un pachwork de tâches diverses, graisse, café, dentifrice,…..

A ces seuls exemples, vous comprendrez que j’ignore de quoi sera fait mon avenir, mais il est sûr en tous cas que ma femme y sera. Je la soignerai amoureusement jusqu’à mon dernier souffle pour que chaque jour du présent elle continue de me garder de toutes les déviances des célibataires.

 

* En sabir jurassien, se gauner c’est se vêtir de façon ridicule à la limite du clownesque.

« La solitude est toujours accompagnée de folie (M.Duras)

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Les grands mouvements de foule, dégoulinant de ferveur populaire, semblent avoir du plomb dans l’aile. En témoignent deux propositions récentes. Celle de cette dame qui, bien qu’elle n’ait pas atteint, d’après une personne haut placée, son quota d’ancienneté dans la pratique de la culture française, suggère de supprimer le défilé du 14 juillet et de nous priver, une fois l’an, de notre vibrante émotion à la vue de ces jeunes gens, si beaux dans leurs uniformes.

Cet autre, pour qui se servir de ses muscles ramène l’homme au niveau des bonobos, demande qu’on supprime le Tour de France et ses millions de spectateurs, évidemment pas à ce moment la surpris dans une intense activité intellectuelle.

Ces messages disent assez bien la nouvelle doctrine : individus, retirez-vous sous votre tente, rentrez en vous même, loin des autres. Mais cette assignation à la solitude pèse à quelques-uns qui, se regardant le matin en se rasant, ne découvrent pas les félicités espérées.

Ce dont témoignent quelques curieuses expériences. Le mal-vivre, seul dans son coin,  amène certains fèlés du plafond à se réunir, munis d’un nez de clown, pour faire une farandole, à 4 pattes, avec tout à fait l’expression d’imbéciles heureux.

Une variante est proposée par ce gourou, formatant d’autres malheureux à répéter qu ‘ils sont éternels et que le cancer n’existe pas, du moins pour eux.

Dans cette lignée, on voit accourir à Bugarach dans l’Aude des malades qui croient à la fin du monde en 2012 partout ailleurs, sauf dans ce village, allez savoir pourquoi ?

Fragile comme tous mes contemporains, je tâche de me garder de ces excès en militant très fort pour le maintien du défilé du 14 juillet. Et, tous les mois de juillet justement, je regarde passionnément le Tour de France.

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