lancer des mots sages à la tête des maussades

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Tchétchénie : Kadyrov en a rien à foot

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On connaît ma fascination, toute de nuances, pour le foot et les footeux. Au cas où ma verve footbalistique aurait tendance à se tarir, Kadyrov s’emploie à la ranimer. C’est lui qui a pris la succession des russes en Tchétchènie pour organiser les enlèvements, les viols, la torture et la mort. Avec un racket original en l’occurrence : les familles doivent payer pour récupérer leurs morts.

Sans doute pour redorer un blason assez terni, ce tyran s’est entiché de foot et a fait la promotion d’une équipe nationale. Attention, pas de panique ! L’équipe de Tchétchènie n’est pas prête à tailler des croupières à celle du Brésil. Non, sous Kadyrov, on fait plutôt dans le foot-spectacle. C’est ainsi qu’en Mai, « par amitié pour le peuple tchétchène » sont venus dribbler quelques balles Papin, Amoros, Barthez et quelques autres, sans se poser trop de questions. Ni sur ce qu’ils faisaient là, ni sur la rétribution de l’amitié : 200000€ par tête. On est des hôtes exquis, tel Boguossian recevant une montre en or sertie de pierres précieuses  et s’extasiant : « regardez ces diamants, les gars ! »

Le foot et ses instances se commet avec la Pologne qui reçoit l’Euro cette année. Que voilà un bon choix, là où les matches ne sont que l’occasion de mega-castagnes entre hooligans. Très alertés par les responsables du foot, les autorités locales disent pouvoir maîtriser                    les matches ordinaires, mais ne répondent de rien au cas où pourrait arriver un match entre la Pologne et l’Allemagne.

On craint moins en France qui a écopé de l’Euro en 2016. Question quand même : on n’a plus d’argent pour Altzheimer, pour les chômeurs, pour le « plan dépendance », mais on en a trouvé pour le plan « Grands stades » (environ 8 millions). Je me réjouis que mes impôts aillent à cette nouvelle folie, après ce que m’a ponctionné l’intercommunalité pour cette merveille, aujourd’hui vide et sans emploi, de Grenoble.

Heureusement, il s’est trouvé des maires, tel celui de Nancy, pour refuser cette gabegie chez lui. Rejoignant dans sa décision l’argument de J.F.Bourg, économiste du sport, : « Dire qu’un club professionnel a un effet de levier sur le développement d’un territoire relève de la tartufferie. La progression du chiffre d’affaires sert essentiellement à augmenter le salaire des joueurs ».

Bien dit ! Ce qui laisse espérer, chez nous, quelque soit notre président en mai prochain, qu’on ne traitera pas nos sportifs en hommes-sandwichs ou en pantins.

Mon « Dakar »

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Je l’ai fait le «Dakar», mon Dakar et je m’en targue!  D’abord parce que je l’ai fait à Dakar et non en Argentine ou au Pérou. Ensuite marchant à pied ou dans des transports en commun, je n’ai pas envoyé des tonnes de CO2 dans l’atmosphère et surtout je ne risquais pas d’ajouter un 59ème mort à la liste déja longue dont est responsable le «Dakar» officiel.
Même sans voiture, vivre ici est une épreuve en ce qu’elle nous oblige à des comparaisons dérangeantes. Voici des gens pauvres, qui prennent leur sort avec dignité, qui restent chaleureux et gardent en toutes circonstances le sourire. En face les européens, même en vacances, qui râlent parce qu’ils payent des impôts, qu’il fait chaud, qu’il va faire froid pour leur retour.
Ce sont aussi ces enfants de 10 à 12 ans rivés à leur machine à coudre de 9h à 23h, fatigués mais fiers de contribuer pour quelques sous misérables à la survie de la famille, l’école n’étant pas pour eux une 1ère nécessité. Tandis que nos ados, bardés de Nike et de Chevignon,  nous font une jaunisse parce que papa a reporté l’achat du dernier smarphone.
Pour autant les sénégalais ne sont pas que vertueux. Une certaine lecture du Coran leur intime l’objectif d’avoir les 4 femmes autorisées. Avec évidemment le nombre d’enfants qui en découle et la désinvolture des hommes : «Dieu y pourvoira». Et c’est comme ça que des milliers de jeunes, sans espoir et sans avenir, jouent leur vie dans les files de voitures de l’autoroute à tenter de vendre de misérables riens : 3 mandarines, 6 cartes de téléphone, 2 paquets de gâteaux…..
Pendant ce temps, leur Président est surtout préoccupé de tenter une 3ème élection grâce à une manoeuvre constitutionnelle. La moins pire des raisons d’un tel besoin serait la satisfaction d’un «ego» surdéveloppé. Dont on ne peut guère ricaner en pensant à tous les crédités de 0,5 % de notre présidentielle. Qu’espéraient Morin ou Chevenement, censés «faire bouger les lignes» ? Et qu’espère faire bouger le patron des chasseurs pointant dans cette galère ?
Après ce bain d’Afrique, malgré au retour cette marée de démagogie, somme toute qu’1 fois par 5 ans, vivre en notre pays ne pourrait-il pas nous donner quelque sérénité, et même quelquefois nous faire arborer un vrai sourire ?

Indignez-vous

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Dans la pêche aux économies qui fait fureur en ce moment, on a cité les tricheurs aux prestations de la sécu. Comme Sarkozy lui-même était monté au créneau, pour quelques-uns cela suffisait à discréditer l’idée de s’en occuper. Je ne connais pas le nombre de milliards imputables à la triche, et les experts, je crois, pas bien non plus. Mais en vertu de l’adage qui affirme que les petits ruisseaux font les grandes rivières, pourquoi ne pas commencer là, même s’il y a d’autres dérives.

Je m’étonne toujours aussi de voir des agents des services publics se faire véhiculer dans des voitures étrangères, récemment  encore des gendarmes en Mercédès. Après cela, on entonne en chœur la jérémiade sur la perte de notre industrie. On me dit que c’est parfois nécessaire, par exemple les gendarmes (encore eux) réclamant des Subaru, seules capables, paraît-il, de rattraper les délinquants plus rapides. Mais pourquoi conduire comme des Shumacher qu’ils ne sont pas,  avec tous les risques qu’ils font courir aux autres. Alors qu’ils ont des téléphones et qu’il suffit d’avertir leurs collègues de cueillir les méchants au prochain péage.

Les temps sont durs aussi pour les O.N.G. et rude la concurrence. Est-ce une raison pour faire la quête en envoyant des demandes en colis cadeaux plutôt chers ? Bien sûr, on a honte de garder ces merveilles sans faire un don. Et c’est le but ! Mais comme chacun en reçoit maintenant des dizaines qu’il ne peut satisfaire toutes, cela fait au final un grand gâchis. Malgré la concurrence, pourquoi ne pas se contenter de moins d’argent et le consacrer totalement à l’objectif de l’O.N.G. au lieu de ces dépenses somptuaires de marketing ?

Dans cette ville, l’office H.L.M. a attribué une maison, maintenant inoccupée et qui sert de garde-meubles. Le bénéficiaire en effet vit à Paris, intra muros, dans l’appartement dont il est propriétaire, ce qui suppose des revenus pas vraiment dans la fourchette d’un occupant normal d’H.L.M. Dans ce manque cruel de logements dénoncé en permanence, l’office ne se sent pas concerné par cette situation ?

Bien mesquine mes remarques, dira-t-on, pour ces minuscules dérives. Certes, mais les adultes, les « malins », faisant l’apologie de ces petits arrangements, poussent les enfants, les adultes de peu d’éducation hors des frontières de l’honnêteté et de la loi avec le laxiste : « tout le monde le fait ! » Demandez donc aux grecs où tout cela peut mener !

Démocratie ?

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Nous avons offert notre concours à la révolution libyenne et nous continuons d’offrir notre aide pour aider tous les pays du printemps arabe à parvenir à la démocratie. Je me demande si nous sommes bien compétents pour donner des leçons dans ce domaine. Chez nous en effet le peuple, le demos de démocratie, n’est pas vraiment consulté sur nombre de sujets majeurs. Prenons EDF par exemple. Par le drame japonais et la grâce d’une élection présidentielle, on reparle du nucléaire, et éventuellement d’en sortir. Mais, tachons de nous souvenir, est-ce que cette grande maison nous a demandé à un certain moment la permission d’y entrer ?

Un autre moyen d’échapper au contrôle du peuple (dit souverain) ce sont ces fameuses intercommunalités qui se lancent dans des investissements plus ou moins somptuaires, pas forcément productifs, et sans crainte de la prochaine élection puisqu’ils sont cooptés. Je ne voudrais pas accabler une fois de plus celle de Grenoble qui s’est offert un stade de 20000 places occupées sporadiquement par 2000 fans du club de foot local dans le 36ème dessous. Comme seront d’ailleurs nos finances de contribuables appelés à payer cet «investissement» sans emploi. Du moins Grenoble évite le scandale de Paris offrant 800000 € mensuels à cet fin de carrière de Beckham, juste pour le fun, sans doute!

Le local se permet ces fantaisies puisque l’état n’a pas plus de respect pour le droit qu’il promulgue pour les autres. Le bon peuple peut s’étonner, sans pouvoir rien y faire, qu’on puisse être embauché dans le public en  dessous du SMIC. Pareillement que la visite médicale annuelle obligatoire pour tous les salariés ne le soit pas pour les fonctionnaires, et particulièrement les enseignants en mesure de faire bénéficier les élèves de leurs microbes durant de longues années.

On se demande aussi à quoi sert le fauteuil d’actionnaire de l’Etat au sein de Renault. C’est le constructeur qui fabrique le moins de véhicules en France, même si le salaire somptueux de C.Ghosn est payé en bons euros. On me dira que le peuple n’a pas à se mêler de la conduite d’une entreprise privée. Je n’ai donc pas à avoir d’avis sur les éventuelles dérives d’EDF, de la SNCF, d’AREVA, etc….Je suis donc juste bon à me taire et à payer. Ce qui n’est pas vraiment la définition d’un citoyen démocrate.

 

 

« Trois grands A »

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L’air cathodique ne fait que bruire en ce moment du terrible triple A. Et cela remet dans mon esprit un épisode tragi-comique de mes années de pensionnat,  devenu plus comique que tragique avec le temps. C’était le rituel hebdomadaire où notre supérieur venait en salle d’étude proclamer très cérémonieusement la « notation » de chacun. Pour la très grande majorité un triple A, qui s’énonçait alors : « trois grands A ». Une « faute » avait besoin d’être déjà notable pour valoir le « petit a ». Et pour tomber dans le « grand E », à fortiori le « petit e », il fallait, aux yeux de l’institution, avoir commis un grand crime. Avec d’autres collègues, j’ai été « dégradé » d’un « petit e » pour avoir voulu saboter « le Prix de sagesse », une jolie séance d’hypocrisie où chaque élève votait pour élire l’heureux titulaire, forcément choisi parmi les fayots des bancs de devant.

Pourquoi comique avec le temps ? Parce que chacun des A s’appliquait à un domaine : discipline, travail et devoirs religieux. On se perd en conjectures, comme disent les bons auteurs, sur la façon d’apprécier le niveau des devoirs religieux, d’autant que messes et vêpres, et autres dévotions étaient obligatoires. Le ridicule vient de ce qu’une note basse faisait chuter les autres. Ainsi une indiscipline passible du « grand E » valait mécaniquement « petit a » pour les 2 autres. Et donc, le 1er de la classe, que je fus parfois, voyait son A du travail tomber à « a » ou « E » pour une incivilité commise sous le préau.

Mon souvenir s’amuse aussi de la comparaison avec le triple A des politiques. Autant ma « dégradation » à « E » ou même « e » ne m’a coûté qu’une retenue aux vacances suivantes, assez jouissive puisqu’elle punissait aussi le pion de surveillance, autant je n’arrive pas à pleurer sur Sarkozy tâchant d’éviter la fessée de l’Oberhauptmeister Angela, ou tremblant d’un éventuel froncement de sourcil de Moody’s ou de Standard and Poor’s. Certes les enjeux sont vraiment différents et je ne devrais pas sourire de ces chefs d’état réduits à l’état de gamins apeurés dans l’attente de leur note. Car en fait de retenue, il ne s’agit plus d’une journée de vacances, mais de beaucoup, beaucoup d’euros, à ce qu’on nous promet. Il n’y a vraiment pas de quoi rire !

 

Je t’aime, moi non plus

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L’actualité récente m’oblige à revenir sur la politique et les comédies qu ‘elle engendre. C’est  à propos d’un épisode dont il faut se dépêcher d’en rire de peur d’avoir à en pleurer. Après les pantalonnades, bien dans le style « rions avant de pleurer », dont nous a régalé, de Lille à New York celui qui faillit être notre Président, nous est offert un de ces sketchs tragi-comiques dont les Verts et le P.S. ont le secret.

Ils ont en effet signé un accord actant leur désaccord, avec toutefois une part d’accord. Que voila donc une riante perspective pour un prochain gouvernement ! Le P.S. n’a pas accepté l’arrêt de l’E.P.R. préalable absolu des Verts avant les discussions. En fixant à 2025, à 3 législatures d’ici, une certaine restriction du nucléaire, F.Hollande, décoré du joli surnom de « couille molle » par ses amis, s’est offert à bon compte un coup de menton autoritaire. D’ici là beaucoup d’eau (radioactive ?) aura coulé sous les ponts. Bien sûr, cela ne fait pas vraiment l’affaire d’Eva Joly, auteur de l’ultimatum, et dont les sondages ne vont probablement pas remonter après cet exploit.

Reste-t-il alors des lambeaux d’accord ? Oui, car pour faire oublier ce niet nucléaire, le P.S. offre quelques circonscriptions à ses alliés, dont une à Paris. Ainsi que l’exprimait un écolo au sortir de ce magouillage : « Une circonscription contre une centrale, le compte n’y est pas ! » D’ailleurs à quoi riment ces répartitions électorales avant même d’avoir gagné la présidentielle ? En discutant déjà des suites d’un 2ème tour gagné, n’oublie-t-on pas de gagner le 1er ? Avril 2002 n’est tout de même pas si lointain !

Pas vraiment emballé de ce scénario, j’ai voulu me consoler d’un pain « bio ». Le « bio », un terrain que pourraient défricher à loisir nos amis écolos. Le vendeur de mon pain a tenu à me préciser sous quel label il officiait. « Parce qu’il y en a plusieurs ?» ai-je demandé. « Evidemment, avec des critères différents » a-t-il répondu. Des labels aux critères flottants, cela en dénature (c’est vraiment le mot à employer) la portée.

Désespérément beau

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« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux ». J’avais vraiment besoin de recourir à ces vers de Musset pour m’en convaincre.  Car le chant de monsieur Fillon l’autre midi, sinon désespéré, était désespérant en énumérant tout ce qu’il voulait raboter dans nos ressources futures.

On l’eut trouvé beau dans sa désespérance s’il nous avait dit à quoi ces sacrifices allaient servir. Officiellement, il s’agit de décharger des épaules de nos enfants ce poids de la « dette » devenu tellement lourd. Je me serais plus volontiers laissé convaincre si dans le même temps chaque ministre avait accepté une légère amputation de ses 14000€ mensuels. Ou, pour rester dans le registre des retraites, si nos représentants avaient allongé aussi les actuelles 15 années de mandat suffisantes pour une retraite complète (par ailleurs honnête). A voir le haussement d’épaules qui a ponctué la proposition d’un des leurs de baisser un peu leur indemnité mensuelle, on voit que c’est vraiment hors sujet.

Ce sont les experts qui décryptent le vrai  motif de ces sacrifices à venir : il s’agit de préserver notre fameux AAA. Ils nous promettent d’ailleurs en même temps , qu’à se soumettre aux diktats du F.M.I. ou aux terribles agences de notation, s’ouvre pour nous le chemin inéluctable vers la faillite. Comme ils le disent si joliment, notre pays pourra ainsi mourir guéri.

On peut supposer monsieur Fillon plutôt cultivé, mais cela ne le pousse pas pour autant à adopter le point de vue de Musset et trouver quelque beauté dans la désespérance. A voir sa tête quand il nous chantait sa rigueur, est-ce là l’influence de son épouse anglaise, on le sentait plutôt « churchilien » prêt à nous promettre « du sang et des larmes » !

Un échec à la pensée unique

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On connaît la célèbre assertion selon laquelle le froissement d’ailes d’un papillon, quelque part dans le monde, par enclenchements successifs, peut provoquer un retentissement considérable à l’autre bout de la planète. Je viens d’éprouver, dans le fonctionnement  modeste de mes pensées, une expérience de même type : le plus jeune de mes petits enfants, 17 ans quand même, vient de me battre dans une partie d’échecs.

J’ai d’abord mis sur le compte d’une réaction normale de « p’tit jeune » la fierté qu’il retirait de cet exploit. A la réflexion, l’importance qu’il accordait à cette victoire tenait pour beaucoup au fait qu’elle était acquise face à un adversaire digne de ce combat (même si dans ce jeu je ne brille pas au firmament des experts). Autrement dit, c’est une manière discrète, subtile même, de témoigner que, grand-père et ancien ô combien, je compte pour lui, qu’il a pour moi du respect, même dans la faiblesse.

L’échec aux échecs m’a dit autre chose. Le demi-siècle, et plus, de supplément d’âge par rapport aux jeunes nous fait écouter leurs propositions avec souvent cette arrière-pensée ricaneuse, sinon méprisante, du genre : « Cause toujours, mon p’tit gars,… ». Par la vertu d‘un jeu, il me faut admettre que les capacités de réflexion, de raisonnement ne sont pas l’apanage des anciens, même s’ils sont riches de quelque expérience.

Aujourd’hui, le candidat Hollande fait son miel de ce nouveau regain d’attention qu’il faudrait porter aux jeunes. Au delà du supplément médiatique qu’il en espère, rêvons qu’il déclenche une saine repentance auprès des camarades candidats. Complices en effet, toutes tendances confondues, de ces 30 années de report de bonne gouvernance à plus tard, autrement dit sur le dos des jeunes générations à venir.

Avec le faible espoir d’une humilité nouvelle et d’une meilleure écoute, je n’ose pas demander qu’à côté des 500 signatures, chaque candidat soit opposé à une partie d’échecs face à un de ces jeunes, oubliés par eux depuis longtemps.

Un radeau de la méduse pour passer le bac

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Il y a dans notre pays une institution glorieuse : l’éducation nationale. Mais il est devenu courant d’estimer que sa gloire a pali et de la brocarder. Les arguments des détracteurs ne manquent pas. On commence par citer le bac et son taux de réussite fastueux par rapport à ce qui reste ensuite dans la tête des bacheliers. Des enseignants, un peu traîtres à leur institution, disent qu’on prie les correcteurs de relever leurs notes pour arriver à l’objectif fixé à l’avance. Il y a tellement de règles , de contrôles, de garde-fous dans cette maison que c’est probablement impossible.

On cite aussi le peu d’attractivité de ce quasi sacerdoce qu’est l’enseignement pour expliquer le manque de candidats à tel capes ou à l’I.U.F.M. Le résultat étant évidemment une baisse du niveau des reçus, qu’en outre on prépare moins qu’avant au métier. On en revient à une sorte de sélection naturelle : ceux qui réussissent à passer le 1er trimestre devant une bande de galopins en délire sans dépression ni démission sont bons pour le service. Ils feront peut-être mal la classe, mais ils compteront dans le décompte des postes non supprimés.

Certains pessimistes parlent aussi de ce programme international d’évaluation de suivi des acquits écoliers, le fameux PISA, justement pas vraiment fameux pour les français. Si encore on se contentait de stagner à la modeste place où nous nous trouvons, mais on recule !

Enseignants, relevez la tête, citoyens qui doutiez de la valeur des jeunes générations, reprenez courage ! Notre glorieuse éducation nationale est vraiment efficace : le bac 2011 en est la preuve. On nous avait d’abord sorti de derrière les fagots un adolescent boutonneux de 15 ans présenté comme le génie de l’année avec ses 20 virgule quelque chose. Mais bientôt rejoint par 29 autres, présentant la même moyenne, supérieure à 20. Les raisonneux habituels vont s’étonner qu’on puisse obtenir, avec des épreuves notées sur 20, une moyenne supérieure à 20, faisant douter de la capacité en calcul des correcteurs. Cela s’explique, nous dit-on, par des options ajoutées après. Sans être très matheux, afficher une moyenne de 20,60 par exemple sur 20, ça me fait drôle !

En tous cas, pouvoir montrer un tel groupe de candidats capables de crever le plafond du possible rend tous ses mérites à notre vaillante éducation nationale. Reste à espérer que parmi toutes ces têtes bien pleines, il y en ait quelques-unes bien faites, et pourquoi pas, un futur ministre de l’éducation nationale. D’ici qu’il ait l’âge de fouler les ors de la République, il lui restera sûrement encore pas mal à faire pour, sinon faire galoper, mais faire simplement avancer le mammouth.

Précieuses études scientifiques

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S’il y a quelque chose qui a le don de me titiller les neurones, ce sont les phrases qui commencent par : « Toutes les études scientifiques prouvent que…. » C’est qu’en effet il suffit souvent de lâcher cette expression sur un ton doctoral pour s’éviter de présenter les arguments justement défaillants. Or, depuis ma toute prime enfance, doté par la nature d’un cerveau et invité à m’en servir, je suis vexé et frustré qu’on refuse que je l’utilise au bénéfice d’une « vérité » servie toute enveloppée et sans discussion.

Malheureusement les occasions d’être frustré ne manquent pas. Prenons par exemple les fameux O.G.M. Je suis assez d’accord que par précaution on les laisse de côté en attendant l’étude (une seule me suffira) qui prouvera  scientifiquement à quels risques exacts on s’expose à les consommer. Evidemment faucher un champ destiné justement à une étude sur le sujet ne m’apporte aucune preuve, sinon celle que chez certains la violence remplace le manque  d’arguments convaincants.

Je suis aussi pour la prudence à propos des téléphones mobiles. Mais là aussi j’attends LA preuve incontestable des niveaux de nuisance qu’ils apportent aux jeunes et aux autres, par les appareils ou les antennes. Pendant qu’on y sera, on pourrait aussi mesurer les dégâts provoqués par les MP3 et autres pourvoyeurs de décibels dans les oreilles. Même un cerveau d’ado serait capable de comprendre la logique d’un audiogramme !

A mettre probablement dans le Top 5 des « vérités » assenées ce rapport sur les rythmes scolaires. J’écoutais un des auteurs du rapport expliquer doctement que ces rythmes étaient mal répartis et que « toutes les études scientifiques » montraient que la semaine de 4 jours fabriquait des élèves fatigués et aux résultats scolaires moins bons. Un enseignant à 4 jours qui osait dire que ses élèves étaient en bonne forme et avaient eu de bons résultats s’est fait promptement renvoyer dans ses buts sans plus d’explications.

Un autre commençait de susurrer : « les programmes… » Touché mais pas coulé, le maître es rythmes a concédé : « Certes, les programmes, mais là, ce serait très compliqué ! » Autrement dit, on peut toucher à 2 ou 3 poils de la queue du « mammouth » avec une réformette du côté des rythmes scolaires, mais pénétrer dans le cœur de la bête serait une entreprise d’une toute autre envergure.

J’ai peu de chance, maintenant ou en 2012, d’être ministre de l’Education nationale. Dommage ! Empruntant à ma très pragmatique épouse, j’aurais proposé pour dissiper chez les élèves embrumés du matin qu’un groupe témoin soit privé de télé pour un trimestre ou deux et puis comparer. Probablement, comme les autres téméraires, dans l’impossibilité de faire reculer l’inexpugnable forteresse-télé, je finirais sans doute par dire moi aussi : « Toutes les études scientifiques montrent… !»

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