lancer des mots sages à la tête des maussades

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Clap de fin

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En effet, sans pleurs et sans remords, je mets fin à ce blog. J’avais voulu utiliser ce système pour communiquer avec mes proches lointains. La question ne se pose plus. Pour autant, écrire un post et le mettre sur la Toile, c’était admettre qu’il puisse être lu par beaucoup de personnes. Constater qu’il n’y a plus qu’un ou deux fidèles, c’est un grand détour de passer par le net ; autant écrire directement aux intéressés. En outre, je n’ai jamais réussi à entrer dans  les arcanes de « unblog » qui m’a plus malmené qu’aidé.

Je n’en aurai pas fini pour autant avec l’écriture, mais je prendrai d’autres moyens d’expression. Du reste, j’ai un peu le projet d’un livre. D’avance, je me réjouis du paradoxe : j’avais écrit des posts sans penser à l’édition : ils le furent. Je me lance dans un livre en pensant forcément à l’édition : il y a de bonnes chances qu’il ne paraisse jamais !

L’important pour moi, c’est comme pour le sport, ce qu’en dit le Baron : c’est de participer. Faire chauffer un peu ses neurones, solliciter sa mémoire, comme je l’ai fait, suffira à mon bonheur. J’entretiendrai mon esprit comme j’entretiens mon corps, sans doute pour réaliser la rengaine serinée dans mon enfance : Un esprit sain dans un corps sain !

Pensées d’automne

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Le vélo qui occupe souvent mes pensées, et mon fessier, n’occupe finalement pas tellement de place dans ce blog. Peut-être que les louanges que je pourrais lui tresser ne sont pas à la hauteur de la passion que je lui voue. Je vais donc sur le métier remettre l’ouvrage. En évoquant les belles heures des randonnées cyclistes avec tente et sacoches, accompagné de mon épouse, coéquipière solidaire de ces tours, avec une prédilection pour les îles (Corse, Irlande, Crête…) Plus récemment  mon fils m’a fait découvrir des horizons plus lointains que nous parcourions au rythme de touristes sans cesse éblouis. Il en reste des carnets écornés à feuilleter « le soir à la chandelle » quand le vélo est rangé.

En attendant je suis encore tout ébaubi de mon dernier exploit à vélo. En effet j’ai gravi le Tourmalet, col de légende s’il en est. C’était un rêve : pouvoir m’offrir cette grimpée avant que les forces ne m’abandonnent peu ou prou. Je sais trop bien que mes 76 printemps virent progressivement à l’automne.

Et j’étais heureux de « l’exploit » bien sûr. Mais peut-être plus encore de ce superbe paysage de montagne où j’ai flâné quelques heures (à ma vitesse de vieil amateur j’ai eu le temps de flâner). Ma montée au Ventoux quelques jours après m’a bien montré que je ne me risquerais plus guère dans ces ascensions et que j ‘avais bien fait d’en profiter.

N’en concluez pas pour autant que je prépare ma sortie définitive, ni de cette terre, ni même du vélo. D’ailleurs mes enfants n’ont pas encore été convoqués à la façon de la fable de La Fontaine : « Un laboureur sentant sa fin prochaine fit venir ses enfants …». Je ne sais pas d’ailleurs, si de mon grabat de bientôt mort, j’aurai envie de déployer un tel cérémonial.

Pour en retarder l’échéance en tous cas, il y aura bientôt le ski de fond bien accordé à m’entretenir les quadriceps.

Béatifié si, béat no!

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Croyez bien que cela me navre, mais l’actualité m’y conduit : voici une chronique qui sera plutôt aigre que douce. C’est à propos du grand évènement du mois : le 1er Mai aura lieu à Rome, devant 2 millions de béatifosis, la béatification de Jean-Paul II. Que cela laisse les non-croyants de marbre, passe ! Encore que ! Notre service public se dispose à diffuser intégralement la cérémonie ! Décidément les papes et les princesses c’est bon pour l’audience. Et puis ça  peut nous changer des très laïques défilés de la Nation à la Bastille. Mais les catholiques, n’ont-ils rien à dire ? Quitte à ingérer dans leurs plates-bandes, moi, j’ai envie de dire !

J’avais parlé ici-même de l’assassinat du père Gabriel Maire au Nord Brésil dont le seul tort fut de s’occuper des pauvres. Assassinat dont ses commanditaires, riches propriétaires terriens, ont réussi à repousser l’éventuel procès  au delà des 20 ans de prescription. Jean-Paul II, en train de se faire applaudir là bas quand il eut été encore temps avait oublié d’en parler.

Serait-ce une spécialité d’oublier, chez ce polonais nourri d’un anti-communisme viscéral, d’oublier les excès et les débordements des « Légionnaires du Christ »,qui prospèrent à Rome, en Espagne, après le Mexique et l’Amérique latine, pourvu qu’ils défendent ardemment l’ordre et la famille dans le sens affectionné par l’église.

Il n’était pas obligé pour autant de cautionner les amitiés particulières de ces légionnaires, tels que Franco ou Pinochet, sous prétexte qu’ils défendaient, meurtres mis à part, les mêmes thèmes.  Ces thèmes explicitement dans le programme du fameux Saint-Office, présidée par un certain Ratzinger, plus connu aujourd’hui sous le nom de Benoit XVI. Ces drôles d’amis avaient obtenu du pape la condamnation de la théologie de la libération et de son porte-drapeau, Dom Helder Camara. Innocent ce malheureux évêque, comme ses continuateurs tel que mon ami Gaby! N’avaient-ils pas pris au pied de la lettre le message de l’Evangile intimant d’aimer et d’aider les pauvres !

Encore silencieux ce très charismatique Jean-Paul II, lui qui n’a pas manqué de savoir que le fondateur de ces « Légionnaires du christ », le père Martial Marciel, a été dénoncé plusieurs fois par des évêques pour ses mœurs (drogue et abus sexuels) et que ce sont dans ses séminaires, cajolés par le Vatican, qu’ont eu lieu une grande partie des actes pédophiles qui ont défrayé la chronique aux U.S.A.

On va dire que j’en  veux au futur béatifié. Non, pas vraiment, mais dans l’enquête (conduite par trop à sens unique, disent quelques évêques qu’on n’a pas consultés) qui le mène à la béatification, il me semble qu’on a laissé de côté ces témoignages intéressants. Donc on ne me trouvera pas scotché à la télé le 1er Mai, je vais me défiler !

Dites vélo : je rayonne!

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A l’approche de la dernière décade de Mars, quand le soleil fait sortir les 1ers  bourgeons et patouiller la neige du ski de fond, c’est sûr, des idées de vélo commencent à monter à la tête.

Aux mains aussi, car on ne saurait imaginer une nouvelle saison sans ces subtils réglages et jeux de pièces qui rendent les ongles noirs (sûrement) et les pédalées légères (parfois). Après tête et mains, j’en suis désolé, il faut parler des fesses. Le vélo en effet est qualifié de sport assis. Il met donc en contact appuyé le doux velouté de ces rondeurs avec la rugosité, cuir ou plastique, de la selle. Et c’est aux fesses de s’adapter et non le contraire.

J’avais entamé, il y a peu, le rodage des miennes dans une randonnée pépère de début de saison avec les copains du club. C’est vers le 50ème kilomètre que mes fesses, si je puis dire, se sont fait entendre. Jusqu’au 49ème, c’était Byzance : la jouissance d’une bécane qui tourne rond, qui roule (presque) toute seule, dans le silence seulement troublé par l’imperceptible  feulement des pneus. Juché sur cette machine légère dont les freins freinent à la plus légère sollicitation, dont l’indexation explore les 27 vitesses sans à-coups, je me remémorais tous les engins qui avaient jalonné ma « carrière » de cycliste depuis ce bon vieux Peugeot de mon bac, à 14 kgs et 4 vitesses.

Bien abrité au milieu du peloton des copains, je revisitais avec mélancolie mon 1er dérapage incontrôlé dans une rue de Dijon, ma 1ère portière de voiture, mon 1er « over the bar » à V.T.T. qui fut aussi mon 1er hôpital, post vélo, si je puis dire, les libellules aériennes qui m’ont « enrhumé »* au milieu d’un col. Tant il est vrai que toute chevauchée cycliste peut s’apparenter à une sortie de tranchée contre des ennemis supérieurs en nombre et supérieurement armés. Mais je revoyais aussi tous les compagnons de randonnée de riche culture, tous les paysages ébouriffants découverts, tous les cols surmontés. Repensant aussi aux milliers de kms parcourus aux 3 ou 4 coins du monde, sans casse de la machine ni du cavalier, c’est avec une gourmandise inentamée que j’entame la nouvelle saison.

 

* en langage cycliste, enrhumer : laisser sur place.

La perle des Mascareignes, sans masque!

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Si vous évoquez devant un apprenti touriste l’île de la Réunion, vous voyez se dessiner devant ses yeux des images de mer bleue lagon, de plages infinies et de cocotiers. Sur place l’image se trouble : les quelques plages sont minimales et les cocotiers ont déserté devant les cilaos. A défaut vous rêvez de fruits exotiques. Il y en a, c’est vrai ! Inabordables avec l’explication locale : tout arrive par bateau. Tout de même, les mangues par exemple, qui s’écrasent quasiment sur les trottoirs de l’île viennent des airs, pas de la mer !

Ah mais ! vous oubliez le volcan ! Certes on ne peut guère le manquer, c’est même le géniteur de l’île. Mais quel feu follet ! Il est éteint quand j’arrive et durant mon séjour reste ainsi; dès que je remets les pieds en métropole, les gazettes m’apprennent qu’il s’est remis à cracher.

On cite souvent la Réunion en France comme l’endroit où il n’y a pas de travail. Erreur : quand on cumule sur ce petit espace Région, Conseil Général et une bonne floppée d’intercommunalités, ça fait beaucoup de besoins en fonctionnaires. Et comme chaque année sous les cilaos rapporte des annuités supplémentaires, par ces temps de retraites amaigries, les candidats ne manquent pas, certes pas toujours créoles.

Mais il reste des tas de « petits boulots » que s’arrachent, revanche de l’hémisphère Sud, des « petits » blancs, dans les restaurants, ambulances, friperies tenus par des autochtones. Et tous ces jeunes, souvent cabossés par la vie, à la recherche du logement à la mesure de leur budget, de s’agglutiner sur le local vacant comme les mouches sur l’étron fraîchement posé.

Il reste un boulot renié par les blancs et les créoles, réservés à des sortes d’ « intouchables » : c’est faire la queue vers les 3 ou 4 heures du matin, les jours de R.M.I , pour le compte d’un postulant. On imagine le salaire ! Pour ma part, j’ai bien compris le deal : prenant la queue d’une vingtaine de mètres sur le trottoir, à 7h45 devant la sous-préfecture, sans même apercevoir les circonvolutions me séparant du simple guichet-accueil, j’aurais peut-être cédé, pauvre blanc, aux services d’un intouchable.

Mais, me direz-vous, il y a quand même des touristes à La réunion ? Certes, mais quand on suit dans la rue un dos qui, servi sur une assiette dans un restaurant, serait annoncé « steack saignant », on se dit que c’est cher payé de venir jusque là pour quêter le mélanome.

Moi-même, aussi faux cul, qui eut soupçonné mon métier du moment, déménageur, sous ce déguisement de touriste, transpirant dans les bouchons, un des fleurons de l’île. En effet, sur un point l’île ne trompe pas son monde : on y crève de chaud ! C’est dire avec quelle volupté j’ai hâte de retrouver les glaces alpines.

La femme est l’avenir de l’homme

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Les contingences de la pension et des études m’ont tenu à la fréquentation quasi exclusive des garçons durant ma jeunesse. Pour cela sans doute, j’ai jeté des regards attentifs sur les nombreuses femmes fréquentées ensuite. Non pas avec des pensées concupiscentes, ni même avec des regards particulièrement rivés sur leur plastique, mais attiré par la galerie de portraits divers qu’elles présentaient.

Ce n’est justement pas par sa plastique que se signalait celle-ci, enveloppée d’une large jupe rejoignant des chaussettes de grand-mère et d’un, comment dire ?, d’un « haut » qui  eut enchanté les pasdarans iraniens. Ce Jaurès en jupons nous subjuguait par l’abondance des causes défendues, soutenues par des brochures généreusement distribuées.

Soucieuse, elle, de sa plastique, et pensant « réparer des ans l’irréparable outrage », cette autre a répandu sur son visage autant de peintures qu’une squaw avant la danse du scalp.

Nettement plus discrète dans sa mise et son comportement, celle-ci, malgré son grand âge, apporte son sourire et sa bienveillance à son association plusieurs fois par semaine. Aussi discrète, cette veuve maintient le sourire fidèle de son mari en étant la grand-mère et le grand-père de ses petits-enfants.

Faute de place, j’oublie la fanatique écolo qui gaspille beaucoup de kms et de CO2 pour se procurer son spécial papier à lettres recyclable, la farouche féministe de la tendance « les hommes, y’a qu’à tous leur couper les c… », et bien sûr, quelques autres !

Finalement, celle que j’ai le plus fréquenté, c’est celle que monsieur le Maire m’a confié il y a 51 ans. Dans l’aventure sans cesse renouvelée du mariage, je continue de chercher, parfois de trouver, mes marques avec elle. Je rejoins alors l’humour de mon beau-père, reprenant volontiers avec un sourire satisfait : « j’ai changé 7 fois de voiture, j’ai toujours la même femme ! »

Poussée de sève

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Des supporters fidèles ont noté que la muse de « Mafogir » avait connu une sérieuse défaillance. Abandonnant de ce fait cette humeur plutôt maligne et laissant dans la poche ce poing souvent agressif. Avec le printemps qui s’annonce et la pousse des feuilles, celles du blog se sentent embarquées dans ce frémissement de la nature. D’accord : épousons la vitalité du printemps ! Mais pour cette nouvelle saison : nouveau pseudo, nouvel hébergeur. Je tâcherai aussi d’assumer mon statut d’ancien et d’en avoir la sagesse. C’est à dire oublier les sujets d’agacement et pointer les satisfactions de l’existence. Pourquoi pas, par exemple, puisque c’en est l’anniversaire, célébrer les 51 ans de vie commune avec ma dulcinée. Mais aussi puisque c’est dans l’actualité le beau geste du skieur de fond. En oubliant que ma chaîne nationale a expédié 5 ténors pour commenter 0 médailles en ski alpin et seulement 3 consultants pour les 6 médailles du ski de fond. Mais, ce n’est qu’un sport « secondaire » concluait un intello de la radio, un vrai primaire, lui !

« Chassez le naturel… » Je sens que ce ne me sera pas facile de rester dans le positif. C’est m’interdire tout ce qui m’agresse : les petites phrases des politiques, les supporters-hooligans contenus à grand peine par des centaines de policiers, les violences à l’école et sur les vieux, les rires gras des présentateurs starifiés de la télé, les commentaires imbéciles justement de ceux qui parlent du sport et n’en font pas, les….la liste est infinie ! Reste peut-être, comme à la télé, broder sur la météo ? ou la cuisine ?

Allons, chassons les rancoeurs et admirons ces associations qui soutiennent notre vie sociale. Saluons la générosité des français dès qu’un drame appelle leur attention. Et parmi eux, pourquoi pas un petit coup de chapeau à ces jeunes réalisant leur projet, à ces 2 millions de purs amateurs pratiquant du vélo, à ces retraités crapahutant sur nos montagnes autant que sur les bancs de l’université. Il y en a du beau monde, du vrai !

Restons prudents : les trains à l’heure attirant moins l’attention, mes futurs posts dédiés seulement aux évènements souriants risquent de s’espacer. Sauf si l’actualité m’oblige à quelques coups de griffe (je ne les ai pas limées, on ne sait jamais !)

Si vous ne les craignez pas (les griffes) restez avec moi : appliqués à traquer les sourires de la vie, nous aurons peut-être quelques bons moments ensemble