lancer des mots sages à la tête des maussades

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Que des bonheurs!

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Vous avez probablement oublié, et moi le premier, que cette nouvelle version de mon blog se voulait chantre des bonheurs ordinaires. L’actualité, hélas, m’a obligé souvent à tremper ma plume dans l’encre de la colère ou de l’indignation. Comme l’actualité n’est pas près de changer, j’ai décidé de revenir à mes fondamentaux, comme ils disent. Et donc de vous conter mes sources de  bonheur.

Par ces temps de propos pessimistes sur les jeunes, la 1ère est de constater que mes enfants et petits-enfants nous témoignent toujours du respect, de l’écoute. C’est plaisant de savoir que l’épithète de « vieux con », si  généreusement distribuée, n’est pas bougonnée derrière notre dos. Autant qu’il nous semble, nos amis sont dans la même configuration.

Au delà de ce cercle proche et donc partial, les sujets de satisfaction ne manquent pas. Ce sont, espèce décriée aussi, ces enseignants qui prennent des initiatives pour intéresser leurs élèves, surtout quand ils sont présumés « difficiles ». Tout heureux, loin d’une université qui les ignore, d’avoir pu, grâce à leurs recherches, diffuser une partie de leur savoir. Finalement le cœur du métier !

Ces jeunes aussi, dont on parle moins que des « sauvageons », qui assurent des bénévolats dans des associations de tout genre, engagées ou davantage « société civile ». Telle ma petite fille sortant des aveugles le week-end pour leur expliquer ce qu’ils ne voient pas.

Encore plus simplement, sortant d’un raid à vélo d’une semaine, ce sont tous ces aubergistes attachés à faire plaisir à leurs hôtes. Certes, c’est leur gagne-pain, mais derrière leur accueil souriant et leur souci de notre bien-être, on n’entendait pas tellement tintinnabuler les euros.

C’est pourquoi les misères actuelles d’un ex-prétendant à la fonction suprême (qui les a peut-être un peu cherchées) ne font guère le poids dans ma tête vis à vis de ces bouquets de bonheur.

« Alors, raconte. »

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Chacun s’accorde à penser que l’actualité est plutôt morose. Ce qu’on en raconte est souvent scandaleux, où le sexe tient une bonne place (de récents évènements rappellent combien « la chair est triste »). Ou alors emprunte souvent au mode tristesse. Où voit-on qu’il y ait obligation impérieuse de se vautrer dans ce spleen ?

J’en appelle ici à un joli mot de mon pays : les « racontottes », qu’on n’a pas besoin d’expliquer. Que trouve-t-on dans ces histoires franc-comtoises ? Des narrations simples, des évènements de la vie ordinaire, des méchants punis, mais aussi des curés ou des instituteurs, qui par des initiatives astucieuses apportent la joie à leurs ouailles. Et par ricochet, à nous les lecteurs, heureuse contrepartie aux vicissitudes de ce temps.

On pardonnera à mon grand âge de rappeler qu’à mon époque nous allions à l’école, souvent par un froid piquant, à pied avec des chaussures de guerre qui prenaient l’eau, surtout quand celle-ci était en neige. Au retour, au chaud, quel plaisir quand un ancêtre se lançait dans une racontotte ! Rien de tel pour réchauffer aussi les neurones et voir à nouveau la vie plus en rose. C’est dire le poids d’une échappée dans le fil de l ‘ordinaire.

La remontée du moral est même prouvée scientifiquement. Dans la même salle, à la même température, on a mis 2 groupes, l’un à qui on a raconté des choses plaisantes, à l’autre des choses désagréables. On a constaté que les personnes du 1er groupe trouvaient la température de la salle plus chaude que ceux de l’autre groupe.

Je vous ai donné la solution pour lutter contre la morosité ambiante avec 2 possibilités de traitement. Soit vous êtes accro à l’internet et vous allez vous chercher une histoire bien décapante pour vous dérider. Soit, au lieu d’expédier votre ancêtre dans une de ces maisons qui n’en peuvent mais, vous lui demandez de sortir une des racontottes de son enfance, qui sera probablement inédite. Sans étude scientifique, je crois pouvoir affirmer que les racontottes qui n’ont pas le label A.O.C. de Franche-Comté marchent aussi.

Les hochets de sa Majesté

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Au cas où cela vous aurait échappé, un évènement fantastique va avoir lieu en Angleterre :le mariage de Kate et William. On s’égare dans la densité des infos sur le sujet : le carrosse, le chapeau de la reine, la robe de Kate, les produis dérivés qui ne font QUE 30 millions de livres.

Dans ce grand déballage, il en est un qui ne s’est pas perdu, c’est D.Cameron. Selon la bonne vieille recette romaine, pendant qu’on restreint le pain (très sec le pain en ce moment chez les anglais) il est bon de distraire le bon peuple avec des jeux        Et quel merveilleux jeu que ce mariage qu’on croirait commandé par les circonstances !

En bons républicains, dont la dernière tête royale attachée sur le corps  remonte à des siècles en arrière, nous sourions de ces antiques anglais. Et pourtant cette gouvernance à l’émotion en dit long sur l’état de nos démocraties, chez nous comme chez eux. Les gouvernants ne font que surfer sur l’air du temps.

En effet les formidables avancées scientifiques, les progrès de la médecine, les prouesses de la e-communication laissent croire à chacun qu’il peut tout obtenir : la richesse avec ses pieds tapant dans un ballon, ou avec son filet de voix (les micros sont très au point), un enfant (sain sous tous rapports) avec les sperme d’un inconnu dans un utérus de femme ménopausée. Bref, nous sommes devenus des consommateurs invétérés. Ce que souligne le rapport du médiateur, J.P. Delevoye, déplorant au passage que les politiques, en courant derrière cette inflation de désirs, sont prêts à perdre l’âme du citoyen s’ils gagnent un électeur.

Heureusement, a-t-on envie de dire, les politiques ne sont pas des démiurges capables de transformer l’eau en or, ni nos désirs en réalité. Et on reste frustrés. Heureusement, il y a les mariages de princesses. En Angleterre du moins ! Notre Président a eu beau convoler 2 fois sous nos yeux, je n’ai pu acheter aucun produit dérivé du Fouquet’s!

J’ai retaillé la perle des Mascareignes

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J’ai conscience d’avoir utilisé une lorgnette assez négative vis à vis de La réunion dans mon dernier post. Aussi ce n’est que justice de rectifier un peu le tir aujourd’hui. Et d’abord pour parler des habitants de l’île, injustement oubliés précédemment. Et c’est dommage car les créoles, particulièrement agréables, nous transportent avec l’aide de leurs exubérants  flamboyants dans une sorte de paradis terrestre.  Leurs femmes, même si quelques-unes sont un  petit peu mafflues du bas du dos savent s’entourer de paréos ou de robes dont les couleurs font concurrence aux fleurs locales. Souriants la plupart du temps, ils ne s’énervent jamais, même lorsque les « zoreilles » montrent leur stupidité. Par exemple en pestant contre  l’absence de « steack-frites » dans une échoppe de spécialités locales. En voiture leur patience étonne. Avec quasiment une seule route pour l’île, on fait souvent la queue, mais patiemment, en laissant passer les autres même sans priorité. Il n’est pas rare de voir une auto s’arrêter en attendant de voir si la personne sur le trottoir va traverser ou non, passage piéton ou pas.

Ayant pénétré, presque par effraction dans une voie d’hôpital  réservée, je n’ai pas eu droit aux cris d’orfraie métropolitains, mais l’indication patiente du gardien vers le rond-point où retrouver la bonne voie. Bien sûr, une fois dans les lieux, complexes à souhait, chaque personne sollicitée a tâché de me trouver le bon chemin sans chercher l’esquive.

Je reçois comme une évocation nostalgique du bon vieux temps cet étonnement d’une prof métropolitaine fraîchement débarquée, entendant des élèves (certes de terminale) dirent « bonjour Madame » et surtout « merci Madame » à la fin du cours. Tellement disciplinés qu’elle a pu découvrir, démarrant son cours au tableau, et se retournant plusieurs minutes après, des élèves encore debout car elle n’avait pas donné le signal de s’asseoir. On veut croire que ces prémisses annoncent pour l’âge adulte des comportements plus citoyens que ce qu’on observe dans notre vie urbaine.

Il y a tout de même un bémol. Ce sont les policiers et les douaniers (dans un département français !). Formatés sans doute aux pratiques métropolitaines, d’ailleurs plus blancs que créoles, leur rudesse et leur ton rogue détonnent dans cette atmosphère tolérante et bon enfant. Aussi bien, c’est le dernier souvenir au départ de La réunion et ils nous préparent inconsciemment à nous réadapter au bruit et à la fureur dans ce qui n’est plus la « douce France » !

Post coïtum animal triste est

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Ce n’est  pas la peine de traduire cet aphorisme qui, entre autres hypothèses, vient à l’esprit à voir tous ces gens bougons, ronchons. Cette hypothèse serait même conforme à la culture judéo-chrétienne qui veut qu’on doit payer quelque part tout plaisir assouvi.

Séduisante peut-être, l’explication ne tient guère. Si flatteuse  que puisse être notre gauloise réputation, toute la population ne peut passer ses nuits à faire des galipettes pour faire la gueule le jour. D’ailleurs, déjà formatés sans doute, 30% des écoliers, nous dit-on, ont mal au ventre et la ½ d’entre eux sont mal à l’idée d’aller à l’école. Si précoces soient-ils, vous n’imaginez tout de même pas  nos C.E.2 en plein coïtus interruptus à cause de l’horaire du bus scolaire.

Il faut chercher ailleurs la raison de ce spleen récurent chez nos compatriotes. Culturel peut-être ? Quand Obama, n’ignorant rien des soucis qui l’attendaient, (et ils furent au rendez-vous) fait rebondir ses concitoyens avec son « Yes, we can », les français refusent l’obstacle en s’en prenant au réchauffement du climat, aux radars automatiques, à E.Besson…mais ça ne les rend ni joyeux, ni fiers d’eux.

Vous soulevez l’objection : quand nos athlètes ont fait merveille au Championnat du monde, il y a eu comme une onde positive de « black, blanc, beur » de 98 qui a envahi le pays. D’autant que dans la foulée, nos nageurs en Hongrie, derrière le superbe Camille aux 3 médailles, en ont remis une couche.

Pour autant, le soufflé est retombé bien vite avec cette complainte : oui, mais eux, ils sont rares, exceptionnels. Voire ! N’était-il pas ordinaire et inconnu ce jockey avant son accident qui, privé d’une jambe, s’est remis au saut d’obstacles. Et cet autre, privé des 4 membres, qui réussit avec des prothèses la traversée de la Manche à la nage. Pour ne pas rappeler, cités précédemment, L.Marzec en fauteuil traversant les Pyrénées ou R.Mistral compétiteur à vélo sur une jambe.

Alors qu’attendons-nous, puisque valides et puisque nous commencions en latin, par sourire en révisant, en traduction ou dans le texte, l’ »Art d’aimer » d’Ovide.

Non-éloge du vélo couché

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005texte2.jpg044texte.jpg   Pardonnez-moi d’utiliser cette présentation des vendeurs d’anti-rides ou des prétendants à la repousse capillaire. Mais c’est la manière incontestable de rendre compte des faits. Et tout d’abord, cet évident préjudice esthétique. Non que j’aie des prétentions à la beauté comme mes petits enfants males (ils contesteront le mot prétention, puisque leur beauté est un fait, un constat). Mais quand même, un scan régulier de mes abattis montre habituellement un état des pièces honorable.

Ce qui n’est plus le cas après. Mais que se passait-il donc avant ? Avant, c’est un jour sans vent, ensoleillé juste à point, un jour à enfourcher le vélo. Me sentant la socquette légère, je me vois assez en forme pour envoyer du gros et même mettre la meule.

Quand soudain, du moins je le suppose, ma monture d’ordinaire fidèle et disciplinée, donne une ruade qui m’envoie à terre. Si seulement c’eut été de la terre ! En fait le trottoir où j’échois est serti de petits cailloux pointus (affutés exprès ?) pour éviter que les vielles dames ne glissent. Effectivement ça ne glisse pas, mais ça râpe, ô combien !

Et nous sommes dans l’après : dégoulinant de sang, je mets le clignotant et rentre à la maison inventorier les dégats.

Interrogatif cependant : quelle mouche a bien pu piquer ce si fidèle compagnon  de me jouer pareil tour ? Moi qui chante à rime que veux tu son prestige. Il y a peu encore le mettant sur un pied d’égalité avec les professeurs de philosophie pour l’enseignement de la sagesse.

Peut-être que justement tant de louanges lui sont montées au guidon. Mais je vais le remettre à sa place : au garage pendant 15 jours ! Pour le faire bisquer, je prendrai le V.T.T. Un engin qui dans les pires « descentes du facteur » à la « Forestière » n’éjecte pas son cavalier. C’est dire si je dois pouvoir aller acheter les croissants sans risquer ma vie.

 

Autre sorte de brève de comptoir

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Coincé pour une heure par un souci automobile, je m’abrite dans un café. Parmi les clients se trouvent quelques jeunes handicapés mentaux. Escortés bien sur de leurs animateurs. Attentifs, prévoyant gestes et paroles pouvant excéder les limites supportables pour les clients et le bistrotier. J’admire la patience, le sang froid de ces guère plus jeunes que leurs protégés. Et mon esprit de vagabonder sur les handicapés qui font les unes quand ils font des médailles aux jeux paralympiques, et sur lesquels on est très discret habituellement. Et regardant l’animateur, me faisant je ne sais pourquoi,  l’interrogation qui fâche : pour quel salaire ? Sans doute pas de quoi effrayer un de ces autres jeunes dont les jambes valent des millions d’euros.

 En fidèle contempteur de l’argent bien ou mal gagné, je ne peux empêcher la comparaison de  me sauter aux yeux. J’essaye de calculer combien d’années de salaire se ferait notre animateur avec ce que gagne une de ces vedettes du ballon…en un mois. Abandonné lâchement dans cette tâche par mon mobile, dont la fonction calculatrice décrite dans le bouquin, reste introuvable dans l’appareil.

Me vient par contre une autre idée (les footeux m’inspirent pas mal en ce moment). Si le juge qui a mis en examen deux de ces champions (sur d’autres terrains,  virtuoses de la braguette sur mineure) ne sait pas trop quelle sanction imaginer, je lui suggère de penser aux travaux d’intérêt général, et par exemple de les envoyer faire une semaine comme animateurs dans un centre de handicapés.

 

Benoit XVI super-star

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J’ai d’abord cru à un poisson d’Avril, ou une blague de vacances, puisqu’en Août. Mais  le sérieux des journalistes de la radio publique m’a convaincu de la vérité de l’information : le pape se rend en Grande-Bretagne en Septembre. Attendez : ce n’est pas ça le scoop ! (encore que, le grand chef des catholiques se rendant, toutes affaires cessantes, dans un pays majoritairement protestant ou anglican, ça interroge).

Non, le vrai, l’immense scoop, c’est que Benoit XVI va faire payer ses prestations. De 25 à 32 livres selon l’importance du « spectacle ». Lui qu’on a cru conservateur vire carrément à un progressisme débridé.

On nous dit que c’est à cause des coûts effarants de cette visite, la sécurité, les chapiteaux…etc…D’abord je me demande si les anglais tenaient tellement que ça à voir sa sainteté. (le Tour de France, passe encore, mais le pape ?!) Et les coûts !! Pour les catholiques anglais, ce n’est pas sans rappeler le dépit des légionnaires romains après une raclée dans Astérix : « Bienheureux les pauvres qu’ils disaient ! ». Le prêcheur en chef de cette religion des pauvres pouvait prendre Eurostar comme tout le monde, puis le bus pour se rendre aux différentes cérémonies. Ca, c’eut été un fameux scoop !

En fait il y a une autre raison à ce péage religieux. A côté de Benoit super star, il y aurait d’autres artistes : The Priests, les curés chantants (pourquoi pas, le père Duval chantant a eu les honneurs d’une chanson de Brassens). Mais avec Susan Boyle annoncée, on vire à la comédie musicale ! Et le pape, en vulgaire saltimbanque, fait sa promo pour sa hard-messe.

Parti comme ça, après les curés sur grand chapiteau, je ne serais pas étonné qu’on récupère 2 ou 3 bonnes sœurs un peu girondes, pour nous faire un strip tease , en tout bien tout honneur érotico-écclésiastique pour remonter l’audience. Et Benoit XVI clignant vers le box-office, à Mick Jagger : « Alors, Mick, t’as fait combien d’entrées hier soir ? »

Emotions, potions, ronchons.

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On vient de tourner la page du dernier Tour de France, qui, outre quelques victoires françaises (donc, ça existe) nous a fait vibrer du Tourmalet à Bordeaux sur le duel géant de deux champions rares. Et déjà j’entends les rabats-joie entonner l’antienne coutumière : tous dopés ! Bon, puisqu’on veut gâcher mon plaisir, parlons-en !

D’abord en m’abritant derrière l’autorité d’écrivains comme Blanc ou Fournel, qui savent ce que pédaler veut dire et se gardent bien pour autant de proférer des oukases définitifs.  Mieux encore, d’autres éminents cyclo-écrivains, Chambaz ou Fottorino, ont réussi l’exploit de réaliser les  mêmes épreuves que les professionnels, (Tour de France et Midi libre) en s’acquittant en plus de leurs obligations journalistiques le soir à l’étape, le tout sans potion magique. Pourquoi donc, dans ces conditions,  le doute ne profiterait-il pas aux accusés ?

Nenni poursuivent les détracteurs, arguant du nombre de cyclistes pris la main dans la pharmacie. Certes, reconnaissons aussi qu’ils subissent le plus grand nombre de contrôles, inopinés et en cas de victoire. Pour ce qui est  des contrôles inopinés, d’autres compétiteurs, les joueurs de foot par exemple, réussissent tout simplement à s’en dispenser. Comme quoi les très riches du sport, à l’image des très riches tout court, paraissent mieux placés pour pratiquer l’évasion ou la carambouille. Quant au contrôle après victoire, nos bleus ont trouvé en Afrique du Sud un moyen imparable pour y échapper !

Dernier argument des commentateurs en fauteuil : si on n’a pris personne au dernier tour de France, c’est parce que les coureurs ont les moyens de se procurer des « dopes » indétectables. Parlons-en des moyens ! Quand l’U.C.I. demande qu’on n’embauche pas un cycliste professionnel à moins de 30000 € par an, le moindre footeux de division I touche 10 fois plus… par mois !

Puisque on est sur le sujet, comparons encore : un jeune pro du « Tour », plutôt fatigué à l’étape, s’en remet pour le massage au kiné que lui fournit son équipe. Certaines vedettes du ballon rond doivent avoir de fameux moyens, physiques et financiers, pour pouvoir s’offrir après le match les prestations d’autres professionnelles.

Chère Léocadie

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(Lettre écrite début Juin mais le courrier ne marchait pas ; désolé !)

Tu as de la chance d’être dans tes montagnes : tu as échappé à l’affaire du siècle : la Coupe du Monde de foot. Un mois avant qu’on nous en  rebattait les oreilles : J-20, J-15, J-10, J-0. Enfin ça y est. Zéro justement c’est la note unanimement décernée à nos représentants. En match, on les sentait tenus de venir faire quelques figures imposées, mais très pressés de retrouver les luxueuses demeures, les luxueuses voitures que permettent leurs salaires faramineux. Un petit jogging de pré-retraités, pas la tête au jeu, mais supputant comment vendre leur gloire dans la décennie suivante. Malgré leur allure de bien nourris, au moins ils n’auront pas besoin des fatidiques 41 années. Grâce aux commentaires qu’ils ont suscité, j’ai réapprovisionné quelques cases de ma mémoire avec tout un lot de synonymes de calamiteux, pitoyable, lamentable…etc.

Et dans le même temps, des milliers de bénévoles s’escrimaient, jour et presque nuit, à réparer les dégâts des inondations dans le Var. Pour eux, le match contre la boue dure plus qu’une heure et demie et c’est simplement gratuit. Que peuvent-ils bien penser de ces « bleus » chochotes qu’on emmène visiter un parc animalier pour dissiper leur stress après leurs échecs !

Autre coïncidence : on célèbre les 70 ans de l’appel du 18 Juin et les médias d’entonner l’hymne nostalgique au grand homme. De Gaulle, ça dit quelque chose pour toi et moi. Cela évoque ce temps où parler courage, héroïsme même, faisait vibrer. Pour ça, des jeunes se sont même fait tuer. Beaucoup de nos jeunes actuels évacuent cela en le classant dans le rétro, le ringard. Difficile en effet de comprendre dans un monde où on tue pour un mot de travers, pour les 10 € qui permettent un sachet de poudre. Comme eussent dit nos maîtres latins : « O tempora, O mores ! »

P.S. Je t’ai fait grâce de la tragédie ubuesque où l’on retrouve un joueur, le sélectionneur, la ministre. Vraie sportive, pour toi, ce ne serai ni risible, ni dramatique, juste incompréhensible.

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