lancer des mots sages à la tête des maussades

Secu, secure, sécurité

Il ne vous aura pas échappé qu’il n’est plus possible de faire un pas sans être photographié, radarisé, numérisé, digicodisé, webcamisé, radiographié, bref controlé de partout. Ce qui signifie qu’on vit dans un monde éminemment dangereux puisqu’on y traque tous les voleurs et agresseurs potentiels. Les statistiques de la délinquance le confirment et même on apprend qu’on peut tuer son prochain pour quelques euros ou récupérer un objet de rien.
Cette insécurité interpelle tous nos candidats à la présidentielle. Faute d’avoir la réponse imparable, ils n’auront guère pour se distinguer qu’essayer un mot rare, « insecure » par exemple, ou céder comme souvent à l’invective. Ce qui bien sûr ne changera pas beaucoup ce monde inhumain, créateur donc de toutes les dérives. Songeons que dans nombre d’entreprises, les 2/3 des salariés sont en contrat précaire, et donc quels projets de lendemains peuvent-ils avoir ? C’est  aussi la femme qui revient de maternité et qui trouve, sans explication, quelqu’un dans son fauteuil. Quand elle n’est pas licenciée. C’est même simplement le blessé d’une équipe de compétition qui revient et n’a plus droit qu’au banc de touche.
Puisque ce monde de brutes provoque l’insécurité, changeons le ! Comment ? C’est nous tous, ce peuple tellement invoqué par les politiques, qui doit s’y coller. Les banquiers, au lieu d’amasser un pactole pour leurs bonus et ceux des traders, pourraient le consacrer en investissements aux entreprises. Au lieu de faire du chiffre, les policiers feraient  de la prévention. Les enseignants feraient la classe plutôt que de la discipline. Les patrons montreraient autant de respect aux hommes qu’ils en ont pour leurs chères machines.
Sans optimisme béat, je crois qu’on aura changé quand on verra dans nos villages, comme on le voit encore en quelques contrées isolées, une voiture ouverte qui n’attend personne autre que son propriétaire. Quand dans nos villes on retrouvera, sur nos balcons, des fleurs plutôt que ces cycles bizarrement scotchés là.

28 février, 2012 à 14:59


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