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« Tout est bon chez elle, y’a rien à jeter » *

Ecoutant récemment le groupe « Les Prêtres » chanter : « la gloire du Seigneur pour la pluie, pour la neige, pour l’hiver  », je me disais que  pour des prêtres, chanter Dieu pour sa création, c’était un peu la moindre des choses. Pour moi qui ne suis pas prêtre, je m’autorise quelques nuances dans cet enthousiasme universel.
Pour ce qui est de l’équilibre des climats (avant que les  hommes ne fichent le bazar), du mécanisme de la photosynthèse et même tout simplement des paysages, je joins mes félicitations à celles des « Prêtres ». D’autant qu’en France, on peut dire qu’on a été bien servi et ce ne sont pas les 75 millions de touristes qui nous visitent qui diront le contraire. Par contre, côté créature, le Créateur a laissé passer quelques bugs. Prenez le cerveau par exemple, une pièce maîtresse s’il en est. Quand on regarde la floraison des psy-quelque chose et la consommation de psychotropes, on se dit que cet organe n’est pas vraiment au point. Trop compliqué peut-être ?
Si on va vers les yeux, instruments majeurs également. Est-ce normal que ça s’use tellement que tout le monde en est réduit à porter des lunettes ? Cela évoque le vendeur de lave-vaisselle qui trouve qu’une durée de 7 ou 8 ans est normale !
Passons aux dents, ce n’est guère mieux. Pourquoi prévoir 32 dents alors qu’il va falloir se séparer, souvent douloureusement, des dents dites de sagesse ? D’ailleurs, entre nous, dès le prototype, Adam, la sagesse avait du plomb dans l’aile. Voilà un type qui se fait virer d’un paradis à cause des conseils de sa femme, elle-même conseillée par un serpent. Depuis, la sagesse n’a pas fait de gros progrès, sauf que les serpents s’appellent maintenant conseillers ou consultants.
Une autre pièce intéressante : le cœur. Souvent, il marche plutôt bien et longtemps. Mais c’est quand même une vraie pièce d’usure. Il n’y aurait pas autant de cardiologues s’il fonctionnait sans pépins. Et c’est quand même souvent par là que casse toute la machine.
Même les accessoires témoignent d’un certain laisser aller dans la construction : les cheveux. Chez les hommes, ils ont tendance à fiche le camp. Côté femmes, ça ne doit pas être satisfaisant non plus puisqu’elles passent leur temps à essayer de les améliorer par différentes couleurs.
Quand Brassens dit que « sur l’île déserte il faut tout emporter », on reconnaît le poète fasciné par la plastique qui se donne à voir et qui oublie les aléas d’un fonctionnement durable. Lui, le chantre habituel des choses de nature, a un peu raison. A bien regarder, la machine humaine ne fonctionne pas trop mal. C’est quand l’homme tente des améliorations discutables que ça se gâte : souvenons-nous des implants mammaires. A la décharge du pauvre humain, reconnaissons qu’il a réussi quelques réparations, ne serait-ce que les lunettes avec lesquelles vous pouvez lire ce texte.

* Brassens : « Rien à jeter »

20 février, 2012 à 17:54


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