lancer des mots sages à la tête des maussades

Mais où sont les neiges d’antan ?

Cela ne vous aura pas échappé, toutes les radios et télés en bruissent depuis plusieurs jours : il fait froid. Avec la sempiternelle ritournelle rabâchée en ce cas à usage de ces petites porcelaines fragiles : les vieux. « Ne sortez pas de chez vous, si vous sortez, couvrez-vous la bouche et le nez, mettez un chapeau…. »
Déjà, ces précautions ont un côté insultant. Comme si, après 70 ou 80 hivers passés, on ne savait pas qu’il faut s’habiller un peu plus en hiver. Mais ce qui est spécialement énervant dans cette sollicitude, c’est qu’elle n’est que bisannuelle : une fois en été (il fait chaud) et une fois en hiver, le froid ! J’aimerais une attention un peu mieux répartie au long de l’année.
Par exemple est-ce que nous nous inquiétons habituellement du retraité, plus encore de la retraitée qui cumule souvent avec ce statut celui de veuve, qui voit ses impôts, les denrées alimentaires augmenter, sans que sa pension, de réversion ou non, ne bouge.
Même si respect et courtoisie semblent des attitudes d’un autre âge, ne pouvons-nous penser que les vieux, par sagesse ou à cause des rhumatismes, ne sont pas dans le rythme trépidant du temps, et que leur monter sur les pieds dans le bus ou le train ne les fera pas  courir pour autant ?
Du côté artistique, il est quasiment admis que ce qui a été produit avant la dernière génération est forcément ringard. Pour autant ne pourrait-on pas faire entendre de temps à autre une de ces chansons à texte, du texte avec du sens ? Outre le plaisir fait aux vieux, peut-être, sait-on jamais, écouter Brel ou Brassens pourrait ouvrir à la poésie « un p’tit con de la dernière averse ».
Pour rester dans la poésie, en réponse au dédain qu’on leur témoigne souvent, les vieux aimeraient sans doute faire entendre à quelques-uns exhibant leur « jeunitude » les vers de Ronsard rappelant à sa Marquise qu’elle aura un jour les rides qu’il montre aujourd’hui. On nous dit que la moitié des lycéens d’aujourd’hui seront centenaires. Sans y avoir réfléchi, que répondront-ils, à ce moment-là, à ces nouveaux jeunes, nés avec le MP3 intégré d’origine dans le cerveau,  et les bouts de doigts déjà encornés prêts à martyriser n’importe quel clavier à 18 mois ?

13 février, 2012 à 16:18


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