lancer des mots sages à la tête des maussades

Mon « Dakar »

Je l’ai fait le «Dakar», mon Dakar et je m’en targue!  D’abord parce que je l’ai fait à Dakar et non en Argentine ou au Pérou. Ensuite marchant à pied ou dans des transports en commun, je n’ai pas envoyé des tonnes de CO2 dans l’atmosphère et surtout je ne risquais pas d’ajouter un 59ème mort à la liste déja longue dont est responsable le «Dakar» officiel.
Même sans voiture, vivre ici est une épreuve en ce qu’elle nous oblige à des comparaisons dérangeantes. Voici des gens pauvres, qui prennent leur sort avec dignité, qui restent chaleureux et gardent en toutes circonstances le sourire. En face les européens, même en vacances, qui râlent parce qu’ils payent des impôts, qu’il fait chaud, qu’il va faire froid pour leur retour.
Ce sont aussi ces enfants de 10 à 12 ans rivés à leur machine à coudre de 9h à 23h, fatigués mais fiers de contribuer pour quelques sous misérables à la survie de la famille, l’école n’étant pas pour eux une 1ère nécessité. Tandis que nos ados, bardés de Nike et de Chevignon,  nous font une jaunisse parce que papa a reporté l’achat du dernier smarphone.
Pour autant les sénégalais ne sont pas que vertueux. Une certaine lecture du Coran leur intime l’objectif d’avoir les 4 femmes autorisées. Avec évidemment le nombre d’enfants qui en découle et la désinvolture des hommes : «Dieu y pourvoira». Et c’est comme ça que des milliers de jeunes, sans espoir et sans avenir, jouent leur vie dans les files de voitures de l’autoroute à tenter de vendre de misérables riens : 3 mandarines, 6 cartes de téléphone, 2 paquets de gâteaux…..
Pendant ce temps, leur Président est surtout préoccupé de tenter une 3ème élection grâce à une manoeuvre constitutionnelle. La moins pire des raisons d’un tel besoin serait la satisfaction d’un «ego» surdéveloppé. Dont on ne peut guère ricaner en pensant à tous les crédités de 0,5 % de notre présidentielle. Qu’espéraient Morin ou Chevenement, censés «faire bouger les lignes» ? Et qu’espère faire bouger le patron des chasseurs pointant dans cette galère ?
Après ce bain d’Afrique, malgré au retour cette marée de démagogie, somme toute qu’1 fois par 5 ans, vivre en notre pays ne pourrait-il pas nous donner quelque sérénité, et même quelquefois nous faire arborer un vrai sourire ?

7 février, 2012 à 14:50


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